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La « respiration par les fesses » pourrait bientôt devenir un véritable traitement médical

Publié le 22 octobre 2025. Des chercheurs ont mené une étude préliminaire sur l'administration d'oxygène par voie rectale chez des volontaires humains, une technique qui avait déjà montré des résultats prometteurs chez les animaux et pourrait offrir une…

La « respiration par les fesses » pourrait bientôt devenir un véritable traitement médical

Publié le 22 octobre 2025. Des chercheurs ont mené une étude préliminaire sur l’administration d’oxygène par voie rectale chez des volontaires humains, une technique qui avait déjà montré des résultats prometteurs chez les animaux et pourrait offrir une alternative à la ventilation mécanique invasive.

  • Une équipe de recherche a testé l’administration de perfluorodécaline non oxygénée par voie rectale chez 27 hommes japonais en bonne santé.
  • Vingt participants ont toléré la procédure sans effets indésirables graves, hormis de légers ballonnements et un inconfort temporaire.
  • L’étude vise à déterminer si cette méthode, appelée ventilation entérale (EVA), peut améliorer l’oxygénation des patients souffrant d’insuffisance respiratoire aiguë.

L’idée, qui pourrait surprendre, n’est pas nouvelle. Des expériences antérieures, récompensées par un Ig Nobel en 2021, avaient déjà démontré l’efficacité de l’administration d’oxygène gazeux ou de perfluorocarbones oxygénés par voie rectale chez des rongeurs et des porcs. Ces tests consistaient à provoquer une insuffisance respiratoire chez les animaux, puis à évaluer l’impact du traitement rectal. Les résultats avaient alors été encourageants, suggérant que cette approche pouvait prévenir les complications liées à une respiration difficile.

Les chercheurs expliquent que les patients atteints d’insuffisance respiratoire sévère ont souvent recours à la ventilation mécanique, une technique qui, bien que salvatrice, peut endommager les poumons. La ventilation entérale pourrait offrir une alternative moins invasive, permettant aux poumons de se reposer et de récupérer. Pour passer à l’étape suivante, l’équipe a donc souhaité évaluer la sécurité de cette méthode chez l’homme.

L’étude japonaise a recruté 27 hommes adultes en bonne santé, qui ont reçu une dose croissante de perfluorodécaline non oxygénée par voie rectale, allant de 25 à 1 500 ml. Les participants ont été invités à conserver le liquide pendant une heure. Vingt d’entre eux ont pu mener l’expérience à terme. Les effets secondaires observés se sont limités à de légers ballonnements abdominaux et un inconfort, qui ont disparu sans nécessiter d’intervention médicale.

« Il s’agit des premières données humaines et les résultats se limitent uniquement à démontrer la sécurité de la procédure et non son efficacité »,

Takanori Takebe, co-auteur de l’étude, Hôpital pour enfants de Cincinnati et Université d’Osaka

Les chercheurs insistent sur le fait que ces premiers résultats ne prouvent pas l’efficacité de la ventilation entérale, mais ils ouvrent la voie à de nouvelles études. La prochaine étape consistera à évaluer la capacité de cette méthode à améliorer l’oxygénation du sang. Plus d’informations sur l’étude.

Med, 2025. DOI : 10.1016/j.medj.2025.100887.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.