Publié le 2024-02-29 10:22:00. Un régime cétogène populaire, bien que favorisant la perte de poids, pourrait engendrer des problèmes de santé insoupçonnés, selon une étude menée sur des souris. Des chercheurs de l’Université de l’Utah mettent en garde contre des perturbations métaboliques et des dysfonctionnements hépatiques liés à un régime trop riche en graisses.
- Les souris suivant un régime cétogène ont développé des difficultés à réguler leur glycémie, sans pour autant présenter de résistance à l’insuline.
- L’étude révèle un dysfonctionnement de l’appareil de Golgi, un organite cellulaire essentiel à la production et à la libération d’insuline.
- Les effets observés semblent réversibles avec un retour à une alimentation normale, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces résultats s’appliquent également aux humains.
Des scientifiques de l’Université de l’Utah ont suivi pendant près d’un an différents groupes de souris soumis à des régimes alimentaires variés. Le régime cétogène, caractérisé par une faible consommation de glucides et une forte consommation de graisses, a effectivement permis aux souris de perdre du poids par rapport à un groupe suivant un régime standard riche en graisses. Cependant, cette perte de poids s’est accompagnée de conséquences inquiétantes sur leur santé.
L’étude a mis en évidence des troubles significatifs de la régulation du glucose. Contrairement à ce qui se produit généralement dans l’obésité, les souris n’ont pas développé de résistance à l’insuline. Au contraire, leur pancréas semblait incapable de produire suffisamment d’insuline pour maintenir un taux de sucre sanguin stable. Parallèlement, les chercheurs ont constaté une augmentation importante des taux de triglycérides et d’acides gras dans le sang des animaux.
Les souris mâles ont été particulièrement touchées, développant une stéatose hépatique, c’est-à-dire une accumulation excessive de graisses dans le foie, entraînant une diminution de ses fonctions. Pour comprendre les mécanismes à l’œuvre, les chercheurs ont analysé l’ARN des cellules pancréatiques. Ils ont découvert que le transport des protéines était perturbé, en raison d’un stress cellulaire induit par la forte teneur en graisses du régime.
L’appareil de Golgi, une structure cellulaire essentielle qui traite et distribue les protéines, semblait obstrué. Des observations au microscope électronique ont confirmé cette hypothèse, révélant un gonflement et une fragmentation de l’appareil de Golgi, empêchant ainsi la production et la libération correctes des vésicules d’insuline. En d’autres termes, la cellule avait du mal à fabriquer et à distribuer l’hormone nécessaire à la régulation de la glycémie.
Heureusement, les effets néfastes du régime cétogène semblent réversibles. Lorsque les souris ont été remises à une alimentation normale, les problèmes de santé observés ont largement disparu. Ces résultats suggèrent que les dommages causés par un régime trop riche en graisses ne sont pas permanents. Cependant, les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études complémentaires pour déterminer si ces observations peuvent être transposées à l’homme et pour évaluer les risques potentiels d’un régime cétogène prolongé sur la santé humaine.
Cette recherche soulève des questions importantes sur les effets à long terme des régimes hypoglucidiques et riches en graisses, de plus en plus populaires. Il est crucial de comprendre les mécanismes biologiques impliqués afin de mieux conseiller les personnes souhaitant adopter ce type d’alimentation.