Publié le 22 octobre 2025 11h20. Une nouvelle thérapie utilisant des cellules CAR T, conçue pour cibler deux protéines spécifiques des cellules cancéreuses, offre des résultats très encourageants chez les patients atteints d’un lymphome agressif résistant aux traitements classiques, selon une étude chinoise récente.
- Un taux de réponse global de 100 % a été observé chez les patients traités avec cette nouvelle immunothérapie.
- La survie sans progression et la survie globale n’ont pas encore été atteintes après un suivi médian de 4,2 mois.
- Les effets secondaires observés sont restés globalement gérables, avec un faible taux d’effets neurotoxiques sévères.
Le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) récidivant ou réfractaire (R/R) représente un défi thérapeutique majeur. Bien que la thérapie cellulaire CAR T anti-CD19 ait amélioré les perspectives pour ces patients, une proportion significative ne bénéficie pas d’une rémission durable, souvent en raison de la perte de l’antigène CD19 ou du développement d’une résistance. Pour pallier ce problème, des chercheurs ont exploré une approche innovante : cibler simultanément deux antigènes présents sur les cellules tumorales, CD19 et CD22.
L’équipe de recherche a développé une thérapie cellulaire CAR T bispécifique, baptisée CAR2219, capable de reconnaître à la fois CD19 et CD22. Cette nouvelle immunothérapie a été testée dans le cadre d’un essai de phase II mené sur 31 patients atteints de LDGCB R/R, ayant déjà reçu en moyenne trois lignes de traitement antérieures. Un traitement de transition a été autorisé avant l’infusion des cellules CAR T, et les patients ayant répondu positivement ont ensuite bénéficié d’un traitement d’entretien à base d’un inhibiteur de PD-1.
Les résultats, présentés lors d’un congrès scientifique, sont remarquables. Après un suivi médian de 4,2 mois, le taux de réponse global (TRG) était de 100 %, avec une rémission complète observée chez 67,7 % des patients et une rémission partielle chez 32,3 %. La survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG) n’avaient pas encore été atteintes au moment de l’analyse. À six mois, les taux de SSP et de SG étaient respectivement de 83 % et 87,1 %. Au moment de l’évaluation, 93,5 % des participants à l’étude étaient toujours en vie.
En termes de sécurité, les événements indésirables hématologiques les plus fréquemment rapportés étaient la neutropénie (93 %), la thrombocytopénie (77 %) et l’anémie (71 %). Le syndrome de libération des cytokines (SLC), une réaction inflammatoire potentiellement grave, a été observé chez 74 % des patients, mais aucun événement indésirable de grade 3 ou supérieur n’a été constaté. Le syndrome de neurotoxicité associé aux cellules effectrices immunitaires (ICANS) est resté rare, touchant 6 % des patients, avec un seul cas de grade 3.
Les chercheurs soulignent l’importance d’approfondir l’étude du rôle du traitement d’entretien avec un inhibiteur de PD-1, afin d’optimiser les résultats à long terme de cette thérapie prometteuse.
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