Publié le 26 octobre 2023. Škoda Auto, comme l’ensemble de l’industrie automobile, se trouve à un carrefour stratégique face à l’incertitude concernant l’avenir des moteurs thermiques et à la montée en puissance de la concurrence chinoise, notamment dans le domaine des véhicules électriques.
- Le constructeur tchèque confirme son engagement envers l’électromobilité, visant une gamme entièrement électrique en Europe d’ici 2035, mais souligne la nécessité d’un cadre réglementaire stable et prévisible.
- La pression concurrentielle s’intensifie, en particulier avec l’arrivée massive de constructeurs chinois disposant de capacités de production importantes.
- La maîtrise de la technologie des batteries, actuellement dominée par l’Asie, est identifiée comme un enjeu crucial pour la compétitivité de Škoda Auto et de l’industrie européenne.
Škoda Auto soutient pleinement la transition vers l’électromobilité, considérant cette dernière comme la solution la plus efficace et la plus respectueuse de l’environnement. La direction de l’entreprise a investi massivement dans ce domaine et ambitionne de voir tous les véhicules neufs immatriculés en Europe être entièrement électriques dès 2035. Cependant, Michaela Sklenářová, porte-parole de Škoda Auto, insiste sur l’importance d’un environnement politique favorable :
« Pour atteindre cet objectif, un cadre politique fiable, contraignant et à long terme est nécessaire. »
Michaela Sklenářová, porte-parole de Škoda Auto
L’entreprise reconnaît également la complexité de la situation et la nécessité d’une certaine flexibilité. Elle s’engage à respecter l’objectif légal de réduction de 100 % des émissions de CO₂ pour les véhicules neufs, mais estime qu’il faudra du temps et une approche pragmatique pour y parvenir. Selon Sklenářová, il est essentiel de réévaluer régulièrement les objectifs d’émissions et de les adapter aux réalités du marché.
Actuellement, Škoda Auto propose la gamme de motorisations la plus diversifiée de son histoire, incluant des véhicules 100 % électriques, des modèles hybrides et des voitures équipées de moteurs thermiques performants. Cette stratégie permet à l’entreprise de répondre à une demande variée et de s’adapter aux évolutions du marché.
La concurrence, particulièrement vive, émane désormais de Tesla et, de plus en plus, des constructeurs chinois. Selon les estimations de la direction de Škoda Auto, la Chine dispose d’une capacité de production actuellement utilisée à moitié et ambitionne de mobiliser l’autre moitié pour l’exportation. Cette situation représente un défi majeur pour les constructeurs européens.
Un autre enjeu crucial pour Škoda Auto est la maîtrise de la technologie des batteries. Contrairement à la chaîne d’approvisionnement des moteurs et des transmissions, où l’entreprise exerce un contrôle total, le secteur des batteries est fortement dépendant de fournisseurs asiatiques. Selon Hoffman,
« Tout est entre les mains de fournisseurs et de chaînes asiatiques. Aujourd’hui, nous achetons la moitié des batteries en Chine, l’autre moitié que nous essayons de fournir à partir de notre production. Mais les technologies de production de batteries viennent également de Chine. »
Hoffman, direction de Škoda Auto
L’objectif prioritaire pour les cinq prochaines années est de réduire le coût des batteries de 45 % par kilowattheure, une condition indispensable pour rendre les véhicules électriques plus accessibles.
La Chine est également perçue comme un laboratoire d’innovation, notamment en matière de numérisation de la production. Hoffman souligne que les entreprises chinoises bénéficient d’une plus grande liberté en matière de collecte et d’utilisation des données, ce qui leur permet d’optimiser leurs processus de fabrication.
« Personne en Chine ne s’occupe du RGPD, de l’utilisation de téléphones privés au travail. La législation nous empêche, par exemple, de déployer des caméras sur les lignes de production. »
Hoffman, direction de Škoda Auto
Malgré la concurrence accrue, Škoda Auto ne plaide pas pour un protectionnisme excessif. L’entreprise estime que l’Union européenne pourrait adopter certaines mesures pour soutenir ses producteurs, mais elle met en garde contre les risques d’une fermeture du marché européen. Elle anticipe une forte pression des constructeurs chinois sur le marché européen.
En République tchèque, Toyota Motor Manufacturing Czech Republic a annoncé qu’elle ne produirait plus que des véhicules hybrides à partir de cette année. L’usine Hyundai de Nošovice, dans la région de Frýdecko-Místek, a quant à elle prévu plusieurs arrêts de production cette année en raison d’une baisse de la demande.
Pour en savoir plus sur les défis climatiques et énergétiques : Novinky.cz – Demande de pétrole et de gaz en hausse, objectifs climatiques menacés
Et pour une perspective sur les énergies alternatives : Novinky.cz – Camions réduisant les émissions d’un tiers, navires jusqu’à 85 %, Novinky visite une usine d’hydrogène en Afrique
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