L’engouement pour l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé pourrait bien être excessif, avertit une nouvelle analyse. Selon un rapport de la Silicon Valley Bank (SVB), une part disproportionnée des investissements est dirigée vers des applications d’IA insuffisamment testées, tandis que les gains les plus significatifs se concentrent sur l’amélioration des processus administratifs.
Le rapport, intitulé « L’avenir des technologies de la santé 2025 », souligne que l’IA, bien que prometteuse, ne révolutionne pas encore les soins cliniques. Au contraire, c’est l’optimisation des opérations des prestataires de soins et la simplification des tâches administratives qui dominent actuellement le secteur. « Les technologies de la santé sont désormais définitivement un secteur administratif et non plus clinique », affirme SVB.
L’analyse s’appuie sur des données révélant les faiblesses du système de santé américain en termes de couverture, d’efficacité et de résultats cliniques. Le rapport met en évidence le phénomène d’auto-limitation des soins par les patients en raison des coûts élevés, un comportement qui persiste malgré les avancées technologiques.
SVB tire la sonnette d’alarme face à l’afflux massif de capitaux vers des technologies d’IA non éprouvées, s’interrogeant sur le risque d’une bulle spéculative : « Chat, quel est un autre mot pour Bubble ? ». Le décalage entre l’enthousiasme des investisseurs et les preuves cliniques concrètes est particulièrement marqué dans l’adoption de ces nouvelles technologies.
À ce stade, les premières applications de l’IA qui trouvent une réelle utilité se concentrent sur la réduction de la charge administrative, notamment en automatisant la prise de notes et en allégeant le travail des secrétaires médicaux. Les investissements se dirigent donc vers des solutions permettant de gagner du temps et de réduire les coûts opérationnels.
Le rapport met également en lumière les tensions persistantes entre les prestataires de soins, qui souhaitent offrir la meilleure prise en charge possible à leurs patients, et les organismes d’assurance, qui cherchent à maîtriser les dépenses. Cette lutte pour le remboursement des soins se déroule dans un contexte où le système de paiement est encore largement basé sur le volume des actes plutôt que sur la qualité des soins prodigués. Une approbation plus rapide des traitements pourrait, selon le rapport, améliorer les résultats pour les patients et faciliter leur retour à l’activité.
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