Home MondeLa fuite d’une vidéo du mariage de la fille du représentant de l’ayatollah suscite l’indignation face aux deux poids, deux mesures en Iran

La fuite d’une vidéo du mariage de la fille du représentant de l’ayatollah suscite l’indignation face aux deux poids, deux mesures en Iran

by Clara Dubois

Publié le 23 octobre 2025 à 22h50. La diffusion d’une vidéo du mariage de la fille d’Ali Shamkhani, figure influente du régime iranien, a déclenché une vive polémique en Iran, ravivant les tensions autour du respect des codes vestimentaires et des inégalités sociales.

  • La vidéo montre la mariée sans hijab et vêtue d’une robe décolletée, en violation des normes islamiques strictes.
  • L’opulence de la cérémonie contraste fortement avec les difficultés économiques rencontrées par une grande partie de la population iranienne.
  • Ali Shamkhani, connu pour sa ligne dure en matière de répression, est accusé d’hypocrisie.

Une vidéo devenue virale montre Setayesh Shamkhani, fille d’Ali Shamkhani, ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et ancien ministre de la Défense, célébrant son mariage dans le luxueux hôtel Espinas Palace de Téhéran en avril 2024. Les images ont rapidement suscité l’indignation en Iran, notamment en raison de l’absence de hijab de la mariée et de tenues jugées inappropriées par certains invités, dont l’épouse de Shamkhani.

Cette ostentation, alors que de nombreux Iraniens peinent à joindre les deux bouts, a intensifié les critiques à l’égard de l’élite politique et de son apparente indifférence face aux difficultés de la population. La cérémonie a été perçue comme un symbole de privilège et d’inégalité.

Ali Shamkhani, connu pour son rôle dans la répression des manifestations, notamment suite à la mort de Mahsa Amini en 2022 après son décès en garde à vue, est désormais confronté à des accusations d’hypocrisie. Il avait déclaré, selon le New York Times, « Nous les attaquerons jusqu’à ce qu’ils rentrent chez eux » lors des émeutes de 2022.

La vidéo a provoqué un débat passionné sur les réseaux sociaux et dans les médias iraniens. Le quotidien réformateur Shargh a même publié en première page une photo de Shamkhani accompagnée du titre « Enterré sous le scandale ». Des experts politiques et d’anciens responsables iraniens et irakiens ont exigé sa démission et des excuses publiques lors d’un débat sur la plateforme Clubhouse.

« Les responsables du régime ne croient pas aux lois qu’ils soutiennent, ils veulent simplement rendre la vie des gens misérable »,

Amir Hossein Mosalla, journaliste iranien

L’agence de presse Tasnim, liée aux Gardiens de la Révolution, a critiqué Shamkhani, estimant que « le mode de vie des responsables de la République islamique doit être défendable ». Cependant, elle a également soulevé des questions sur l’éthique de la diffusion d’une vidéo privée.

Certains défenseurs de Shamkhani affirment qu’il s’agissait d’un événement privé, réservé aux femmes, et que la fuite de la vidéo relève d’une campagne de diffamation orchestrée par des rivaux politiques.

Le scandale a ravivé la douleur des manifestations de 2022 et a suscité des réactions émues sur les réseaux sociaux. La militante Ellie Omidvari a écrit : « Sa petite amie est dans un palais, notre petite amie est enterrée sous terre », en référence aux victimes de la répression, dont de jeunes femmes.

Shamkhani, sanctionné par les États-Unis en 2020 avec sa famille, a été accusé de diriger un empire maritime facilitant le transfert de pétrole iranien et russe, ce qui lui aurait permis d’accumuler des richesses considérables.

En réponse aux critiques, Shamkhani a publié lundi sur son compte X : « Salauds, je suis toujours en vie ! », répétant ce message lors d’un enterrement lorsqu’il a été interrogé sur le scandale. Cette réaction, loin d’apaiser les tensions, a alimenté le débat sur son attitude provocante.

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