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Les compagnies d’électricité notifient au gouvernement leur intention de prolonger la durée de vie utile de la centrale nucléaire d’Almaraz jusqu’en 2030 | Économie

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 octobre 2025 à 12h35. Les principaux opérateurs électriques français ont notifié au gouvernement leur intention de prolonger l’exploitation de la centrale nucléaire d’Almaraz, en Estrémadure, au-delà de sa date de fermeture prévue en 2027, invoquant des préoccupations concernant la stabilité du réseau électrique et la transition énergétique.

  • Iberdrola, Endesa et Naturgy ont officiellement demandé une prolongation de l’autorisation d’exploitation d’Almaraz jusqu’en 2030.
  • Cette démarche intervient dans un contexte de débat sur l’avenir du parc nucléaire français et de tensions politiques autour de la politique énergétique du gouvernement.
  • Le gouvernement espagnol a posé des conditions strictes pour toute prolongation, notamment en matière de sécurité, d’approvisionnement et de coûts pour les consommateurs.

C’est un premier pas formel dans une procédure qui pourrait remettre en question le calendrier de démantèlement des centrales nucléaires espagnoles. Iberdrola, Endesa et Naturgy ont envoyé ce vendredi 24 octobre une notification à la troisième vice-présidente du gouvernement, Sara Aagesen, exprimant leur volonté de maintenir en activité la centrale d’Almaraz, dont le premier réacteur doit initialement cesser ses opérations en novembre 2027.

Dans cette lettre, dont El PAÍS a eu connaissance, les entreprises propriétaires de la centrale indiquent être « disposées à procéder à la prolongation de l’autorisation d’exploitation des deux groupes d’Almaraz jusqu’en 2030 ». Elles ajoutent également leur ouverture à examiner l’extension de la durée de vie utile d’autres centrales nucléaires, en fonction des échéances applicables.

Les compagnies justifient cette demande par « l’incertitude actuelle quant à la stabilité de la tension du système électrique espagnol et, par conséquent, à la garantie de l’approvisionnement ». Elles estiment qu’une prolongation de l’exploitation d’Almaraz serait non seulement techniquement viable, mais qu’elle faciliterait également le déploiement des énergies renouvelables prévues par le Plan National Intégré Énergie-Climat (PNIEC) et éviterait un déficit important de capacité de production synchrone dans le sud-ouest de la péninsule.

Le ministère de la Transition écologique a confirmé avoir reçu cette notification, soulignant que la position du gouvernement n’a pas changé. Selon des sources ministérielles, toute prolongation du calendrier de fermeture devra garantir la sécurité nucléaire, la sécurité d’approvisionnement et ne pas entraîner de coûts supplémentaires pour les citoyens et les contribuables.

Cette communication à Sara Aagesen fait suite à l’annonce, mardi dernier, par le conseil d’administration de la CNAT (Centrales Nucléaires d’Almaraz et Trillo) de son intention de poursuivre l’exploitation de la centrale au-delà de 2027. La demande vise donc à maintenir Almaraz en activité jusqu’en 2030.

La demande formelle de prolongation devrait être soumise à la fin de la semaine prochaine, juste avant la date limite du 31 octobre pour la présentation du plan de démantèlement au Conseil de sûreté nucléaire (CSN). Iberdrola, principal actionnaire de la centrale avec 52,7% du capital (Endesa détenant 36% et Naturgy 11,3%), a déjà obtenu l’aval interne nécessaire. Une réunion de la communauté des actifs d’Almaraz, suivie d’une assemblée générale du CNAT, devra encore approuver la demande avant son envoi au ministère.

Cette proposition place le gouvernement face à un choix délicat. Le partenaire d’investiture Sumar s’oppose fermement à toute prolongation, arguant que cela contrevient à l’accord conclu pour l’investiture de Pedro Sánchez en 2023.

Les compagnies d’électricité ont également tenté d’obtenir du gouvernement une forme de compensation fiscale, estimant que la charge fiscale actuelle rend les centrales non viables économiquement. Le ministère de la Transition écologique a toutefois clairement indiqué qu’aucune compensation fiscale ne serait envisagée.

Le gouvernement a rappelé qu’il examinerait toute demande de prolongation, mais seulement après sa présentation formelle. Lors d’une intervention au Congrès des députés après la panne d’électricité d’avril, le président du gouvernement avait souligné que les entreprises devaient d’abord faire la proposition.

Les entreprises mettent en avant l’importance des centrales nucléaires pour l’autonomie stratégique du pays, pour limiter la hausse des prix de l’énergie et pour assurer un renfort du système en cas de coupures d’approvisionnement, comme celle survenue récemment.

Parallèlement à la demande de prolongation d’Almaraz, des pressions régionales se font sentir. La présidente d’Estrémadure, María Guardiola, s’est engagée à réduire de moitié l’écotaxe régionale si la durée de vie utile de la centrale est prolongée au-delà de 2027, une condition posée par Vox pour l’approbation des budgets régionaux. Le président de la Communauté valencienne, Carlos Mazón, a également supprimé l’écotaxe nucléaire pour faciliter l’adoption des budgets régionaux.

Enfin, les entreprises doivent continuer à se conformer aux exigences du CSN, notamment en remettant le plan de démantèlement d’Almaraz le 1er novembre, conformément à un arrêté ministériel de 2020. Ce calendrier de fermeture coïncide avec une éventuelle alternance politique en 2027, le PP et Vox étant favorables au maintien de l’énergie nucléaire. Un tel changement de politique énergétique aurait des conséquences différentes pour les entreprises, notamment pour Iberdrola, qui détient plus de 50% d’Almaraz.

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