Les investisseurs se tournent de plus en plus vers des produits financiers à haut risque, dopés par un recours à l’effet de levier qui atteint des niveaux inédits. Cette tendance, illustrée par la prolifération des ETF à effet de levier, soulève des inquiétudes quant à la stabilité des marchés.
Selon les données de BofA, plus de 700 ETF à effet de levier sont actuellement disponibles sur le marché. La majorité de ces fonds visent à multiplier par deux ou trois les performances quotidiennes d’un indice ou d’une action spécifique. Certains acteurs, comme Volatility Shares, proposent même des ETF avec un effet de levier de 5x sur des actions individuelles et des cryptomonnaies.
Le fonctionnement de ces ETF implique une réinitialisation quotidienne, obligeant les fonds à ajuster leurs positions pour maintenir l’effet de levier souhaité. Cette mécanique, combinée à l’effet de levier lui-même, peut entraîner une divergence significative entre les rendements des ETF et ceux des actifs sous-jacents, particulièrement en période de forte volatilité.
L’utilisation croissante de l’effet de levier ne représente pas seulement un risque pour les investisseurs qui y recourent, mais également un risque systémique pour l’ensemble du marché. Les ETF à effet de levier agissent en quelque sorte comme des amplificateurs de tendance : ils accentuent les hausses lorsque les marchés sont en progression, mais peuvent également exacerber les baisses.
Une vente massive, amplifiée par les ETF à effet de levier, pourrait provoquer des pressions vendeuses importantes et localisées. Un exemple récent s’est produit sur le marché des cryptomonnaies le 11 octobre, où une forte pression à la vente a été observée.
Bien que la popularité des ETF à effet de levier soit un phénomène relativement récent, Wall Street a une longue tradition de création de produits financiers complexes permettant d’accéder à l’effet de levier. Si ces instruments peuvent s’avérer rentables pour les investisseurs avertis, l’histoire montre que les investisseurs particuliers sont souvent pris au dépourvu lorsque les marchés atteignent leur point culminant.
Par ailleurs, l’analyse des REIT hypothécaires (fonds d’investissement immobilier) nécessite une approche spécifique. AGNC, une société de placement hypothécaire (mREIT), a récemment publié ses résultats, révélant un écart de 14 % par rapport aux prévisions de bénéfice par action (BPA) et de 61 % par rapport aux prévisions de revenus. Contrairement à ce qui se produit habituellement pour d’autres actions, le cours d’AGNC est resté stable suite à cette annonce.
Cette stabilité s’explique par le fait que le BPA et les revenus ne sont pas les indicateurs clés pour évaluer les REIT hypothécaires. Il est essentiel de se concentrer sur la durabilité des dividendes, la valeur comptable par action et le rendement économique.
La durabilité des dividendes mesure la capacité du mREIT à maintenir ou à augmenter ses versements de dividendes, en fonction de ses flux de trésorerie disponibles après dépenses d’exploitation et coûts de la dette. La valeur comptable par action représente la valeur liquidative du mREIT divisée par le nombre d’actions en circulation, permettant d’évaluer si le prix payé reflète une prime ou une décote par rapport à la valeur du portefeuille. Enfin, le rendement économique mesure le rendement total pour les actionnaires, combinant les revenus de dividendes et les variations de la valeur comptable par action.
AGNC affiche un rendement économique de 10,6 % et un ratio cours/valeur comptable de 1,21 %. Un ratio cours/valeur comptable élevé peut inciter le FPI à émettre de nouvelles actions, diluant ainsi la participation des actionnaires existants. AGNC verse un dividende mensuel constant de 0,12 $ (environ 0,11 €) depuis avril 2020, avec un rendement en dividende de 14,40 %.
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