Publié le 24 octobre 2025 21:39:00. Alors que la Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté est observée, l’Afrique est confrontée à une crise alimentaire alarmante, touchant plus de 300 millions de personnes. Des initiatives comme celles du CAFRAD, en partenariat avec des organisations internationales, visent à renforcer les capacités des États africains pour assurer une sécurité alimentaire durable.
- Plus de 307 millions d’Africains souffraient de la faim en 2024, soit 20,2 % de la population du continent.
- Si les tendances actuelles persistent, ce chiffre pourrait atteindre 512 millions d’ici 2030, représentant près de 60 % des personnes sous-alimentées dans le monde.
- Le CAFRAD et ses partenaires travaillent à renforcer les capacités des États africains en matière de gestion agricole et de sécurité alimentaire.
La Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté, célébrée le 17 octobre, met en lumière l’urgence d’agir face à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire, un défi particulièrement pressant en Afrique. Malgré les efforts déployés, le continent continue de faire face à des obstacles majeurs pour garantir l’accès à une alimentation suffisante pour tous.
Selon le rapport 2025 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus de 307 millions de personnes en Afrique étaient confrontées à la faim en 2024. Ce chiffre alarmant représente 20,2 % de la population africaine. La malnutrition, conséquence directe du manque d’accès à une alimentation adéquate, nutritive et équilibrée, touche également un nombre considérable de personnes.
Les projections sont sombres : si la situation actuelle ne s’améliore pas, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique en Afrique pourrait grimper à 512 millions d’ici 2030, ce qui équivaut à près de 60 % du total mondial des individus sous-alimentés. Cette crise est exacerbée par une combinaison de facteurs complexes, notamment les conflits prolongés, les effets du changement climatique, l’instabilité économique, l’exportation de ressources naturelles sans transformation locale, les faiblesses structurelles en matière de gouvernance, la prolifération du terrorisme et le manque d’infrastructures agricoles adéquates. Des régions comme le Sahel, le Soudan et l’Afrique de l’Est sont particulièrement vulnérables, avec des niveaux critiques de malnutrition infantile.
Face à cette situation critique, des organisations telles que le Centre africain de formation et de recherche en administration pour le développement (CAFRAD) jouent un rôle essentiel. En partenariat avec des institutions comme la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), le CAFRAD s’efforce de renforcer les capacités des États africains dans la gestion de projets agricoles. Ces efforts se concentrent sur la formation, la planification stratégique et l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les systèmes agricoles.
Les programmes mis en œuvre visent à stimuler la production alimentaire locale, à réduire la dépendance aux importations et à promouvoir une gouvernance agricole efficace et transparente. Les séminaires organisés par ces institutions poursuivent plusieurs objectifs clés : renforcer les capacités institutionnelles des pays africains dans la gestion des projets agricoles et de sécurité alimentaire ; promouvoir l’utilisation des TIC pour améliorer la gestion et la transparence des projets ; encourager l’inclusion du genre, notamment en soutenant l’autonomisation des femmes et des jeunes dans le secteur agricole ; et favoriser la coopération régionale et internationale pour une réponse coordonnée aux défis de la sécurité alimentaire.
Malgré les obstacles considérables, des progrès sont possibles. La mise en œuvre de stratégies ciblées, l’investissement dans les infrastructures agricoles et la promotion de politiques inclusives peuvent améliorer significativement la sécurité alimentaire en Afrique. L’engagement durable des gouvernements, des organisations internationales et de la société civile est indispensable pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) liés à l’élimination de la pauvreté et de la faim.
En cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, il est impératif de réaffirmer notre engagement envers les populations les plus vulnérables. Cela nécessite un soutien accru aux initiatives locales, une coordination internationale renforcée et une attention particulière aux besoins spécifiques des femmes, des jeunes et des communautés rurales.
Il est crucial de souligner que la mise en œuvre efficace des ODD des Nations Unies, de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des priorités des High 5 de la Banque africaine de développement (BAD) est un moteur essentiel dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sur le continent : Éclairer et alimenter l’Afrique – en améliorant l’accès à une énergie moderne et abordable ; Nourrir l’Afrique – transformer l’agriculture pour parvenir à la sécurité alimentaire ; Industrialiser l’Afrique – promouvoir la création d’emplois grâce à des secteurs manufacturiers robustes ; Intégrer l’Afrique – renforcer l’intégration régionale et développer des chaînes de valeur pour une économie plus productive et unifiée ; et améliorer la qualité de vie des populations africaines, en particulier des femmes et des jeunes, en leur permettant de réaliser leur plein potentiel.
L’Afrique dispose d’atouts considérables – de vastes terres arables et une main-d’œuvre nombreuse et compétente – mais ces ressources sont souvent sous-exploitées, ce qui conduit de nombreux jeunes à quitter le continent à la recherche de meilleures opportunités.
Le CAFRAD s’engage fermement en faveur de la souveraineté alimentaire africaine, considérant ce défi comme intrinsèquement lié aux problèmes plus larges auxquels le continent est confronté. Pour le CAFRAD, une approche holistique est la solution la plus efficace pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Dans cette optique, le CAFRAD a organisé le 15 juillet 2025 le 16ème Forum ministériel sur la modernisation de l’administration publique et des institutions de l’État, consacré au thème : « Le rôle du leadership dans la mise en œuvre d’une gouvernance publique responsable pour la poursuite des ODD et l’émergence des nations africaines ». Ce forum visait à développer les capacités d’une nouvelle génération de dirigeants et de gestionnaires – intègres, éthiques, authentiques, lucides, transformateurs, audacieux et visionnaires – capables d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en particulier l’Aspiration 1 : Une Afrique prospère basée sur une croissance inclusive et un développement durable, l’Agenda 2030 des Nations Unies et les programmes nationaux pour un développement durable inclusif. Il avait également pour objectif de doter les décideurs africains de haut niveau d’outils conceptuels, stratégiques et opérationnels pour transformer leurs administrations et institutions publiques en administrations intelligentes et contribuer plus efficacement à la gouvernance environnementale mondiale.
Sur le même sujet
