La rentrée scolaire et le retour du froid entraînent chaque année une recrudescence des crises d’asthme, particulièrement préoccupante à New York où les coûts des traitements rendent l’accès aux soins de plus en plus difficile pour les populations vulnérables.
Selon le Département de la santé de l’État de New York et le Centre américain de contrôle des maladies, plus de 1,4 million d’adultes et environ 315 000 enfants sont touchés par l’asthme dans l’État, en 2021. Le prix des inhalateurs, indispensables pour gérer la maladie, a explosé ces dernières années, atteignant parfois 645 dollars (environ 600 euros) par mois. Cette flambée des prix pousse certains patients à rationner leurs doses, voire à renoncer à se soigner, avec des conséquences potentiellement graves, allant de l’hospitalisation à des décès évitables.
Les inégalités sociales et environnementales aggravent la situation. Les New-Yorkais noirs sont plus de neuf fois plus susceptibles de se rendre aux urgences pour des complications liées à l’asthme que les Blancs, et les Hispaniques quatre fois plus. Les personnes vivant dans les quartiers les plus défavorisés sont également trois fois plus touchées que celles résidant dans des zones plus aisées. L’asthme se révèle ainsi être un indicateur des disparités socio-économiques et de l’exposition à des facteurs environnementaux nocifs.
Face à cette crise, plusieurs fabricants d’inhalateurs – AstraZeneca, Boehringer Ingelheim et GlaxoSmithKline – ont récemment accepté de plafonner leurs prix à 35 dollars (environ 32 euros) par mois, sous la pression du comité sénatorial de la santé (HELP) et du sénateur Bernie Sanders. Ce tarif préférentiel sera proposé aux personnes assurées et à celles qui ne le sont pas, via une carte de réduction disponible en pharmacie. Cependant, les bénéficiaires de programmes d’assurance gouvernementaux, tels que Medicare et Medicaid, ne profiteront pas de cette mesure en raison de restrictions fédérales.
À New York, des législateurs locaux tentent de combler cette lacune. Jessica González-Rojas, membre de l’Assemblée, et Gustavo Rivera, sénateur de l’État, ont déposé un projet de loi visant à supprimer les frais de partage des coûts (franchises, quotes-parts, coassurance) pour les inhalateurs et à garantir une couverture d’assurance gratuite. « Ce projet de loi intelligent garantira que le partage des coûts d’assurance ne constituera jamais un obstacle à l’accès aux inhalateurs vitaux pour ceux qui en ont besoin », a déclaré Elisabeth R. Benjamin, vice-présidente des initiatives de santé à la Community Service Society de New York.
D’autres États américains, comme le Minnesota, l’Illinois, Washington et le New Jersey, ont déjà adopté des législations similaires, plafonnant les exigences de partage des coûts à 25, 35 ou 50 dollars par mois. Les défenseurs de la santé publique appellent New York à suivre cet exemple pour améliorer l’accès aux soins et sauver des vies.