Publié le 25 octobre 2023. La vaccination contre le zona sera désormais gratuite en Autriche pour les plus de 60 ans et les personnes à risque, une mesure saluée alors que le coût élevé du vaccin dissuadait de nombreux patients. Parallèlement, la vaccination contre le pneumocoque est également intégrée au programme de vaccination gratuit pour les seniors.
- À partir du 1er novembre, la vaccination contre le zona est gratuite pour les plus de 60 ans et les personnes à risque en Autriche.
- Le vaccin contre le zona coûtait auparavant plus de 500 € la dose, ce qui limitait l’accès.
- La vaccination contre le pneumocoque est également désormais gratuite pour les personnes de plus de 60 ans.
La vaccination contre le zona, une affection courante causée par la réactivation du virus varicelle-zona, était jusqu’à présent un obstacle financier pour de nombreux Autrichiens. Environ un tiers de la population autrichienne est touchée par le zona au moins une fois dans sa vie, selon le Dr Michael Adomeit, médecin généraliste et responsable de la vaccination à l’Association médicale de Styrie. Le prix élevé du vaccin, dépassant les 500 € pour un schéma vaccinal complet, constituait un frein majeur.
« Cette vaccination est fortement recommandée, car le zona peut être extrêmement douloureux », explique le Dr Adomeit. Le virus, responsable de la varicelle durant l’enfance, reste dormant dans l’organisme et peut se réactiver lorsque le système immunitaire est affaibli, par exemple par certains traitements, des maladies comme l’Epstein-Barr ou une infection au Covid-19, ou simplement avec l’âge. La réactivation se manifeste par une éruption cutanée douloureuse en forme de ceinture, souvent accompagnée de cloques.
Le zona se caractérise par la formation de cloques allongées le long du tronc
© Adobestock
Le risque de zona augmente considérablement avec l’âge. « Chez les personnes de plus de 60 ans, ce risque dépasse 50 % simplement en raison de l’âge », précise le Dr Adomeit. De plus, 30 % des personnes atteintes de zona développent une névralgie post-herpétique, une douleur nerveuse chronique qui peut persister des mois, voire des années, après la disparition des éruptions cutanées, impactant significativement la qualité de vie.
L’efficacité de la vaccination contre le zona va au-delà de la simple prévention de l’affection. Une étude récente suggère que les personnes vaccinées présentent un risque réduit de 20 % de développer une démence sénile. Plus d’informations sur les nouvelles thérapies contre la maladie d’Alzheimer.
Parallèlement à la vaccination contre le zona, le programme de vaccination gratuit a été étendu pour inclure la protection contre le pneumocoque. Le vaccin infantile, déjà gratuit depuis plusieurs années, est désormais également accessible aux personnes de plus de 60 ans. Les pneumocoques sont des bactéries responsables de maladies invasives telles que la pneumonie, la septicémie et la méningite. Il existe 96 sérotypes différents, mais les vaccins ciblent les souches les plus courantes chez les enfants et les personnes âgées.
Impréférent Michael Adomeit
© Schiffer
La transmission du pneumocoque se fait par gouttelettes, notamment par la toux et les éternuements. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables, souvent contaminées par des enfants. La vaccination est donc recommandée, surtout en cas de contacts fréquents avec des petits-enfants. Les premiers symptômes sont similaires à ceux d’une infection respiratoire banale (nez qui coule, toux, fatigue), mais l’infection peut progresser vers une pneumonie grave, potentiellement aggravée par d’autres affections préexistantes.
Le vaccin pneumococcique est administré en une seule dose aux personnes de plus de 60 ans. La nécessité d’un rappel sera évaluée dans les années à venir. Les effets secondaires sont généralement légers (rougeur au site d’injection, sensation de malaise) et peuvent être soulagés par des antalgiques légers. En raison de la réactivité potentielle de la vaccination contre le zona, il est conseillé d’attendre au moins deux semaines entre l’administration des deux vaccins. Les médecins généralistes sont les premiers interlocuteurs pour ces vaccinations.
Malgré l’enthousiasme suscité par ces nouvelles mesures, des difficultés d’approvisionnement sont signalées. Le Dr Adomeit souligne que la commande de vaccins via la plateforme électronique du ministère de la Santé est entachée de problèmes techniques, empêchant de nombreux médecins de passer leurs commandes. « J’ai moi-même essayé de commander à 5 heures du matin il y a quelques jours », témoigne-t-il. Le délai de livraison des vaccins commandés est de cinq jours ouvrables, ce qui pourrait retarder le déploiement du programme de vaccination.