La course à la puissance de calcul dans le domaine de l’intelligence artificielle s’intensifie avec l’annonce d’un accord majeur entre Anthropic et Google. Ce partenariat, qui pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars, illustre une tendance croissante à la mutualisation des ressources au sein de la Silicon Valley.
Selon les termes de cet accord, Google s’engage à fournir à Anthropic plus d’un gigawatt de capacité de calcul d’ici 2026. Anthropic, qui développe notamment le chatbot Claude, connaît une croissance rapide, avec plus de 300 000 clients professionnels. Le nombre de ses clients générant plus de 100 000 dollars (environ 93 000 euros) de revenus annuels a été multiplié par près de sept au cours de l’année écoulée.
« Cette expansion de notre partenariat avec Google nous aidera à continuer à développer la puissance de calcul dont nous avons besoin pour repousser les limites de l’IA », a déclaré Krishna Rao, directeur financier d’Anthropic, dans un communiqué.
Fondée en 2021 par Dario Amodei, ancien cadre d’OpenAI, et d’autres anciens employés de la même entreprise, Anthropic se positionne comme une alternative axée sur la sécurité dans le secteur de l’IA. L’entreprise a récemment atteint une valorisation de 18,3 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros) et pourrait générer 9 milliards de dollars (environ 8,4 milliards d’euros) de revenus annuels.
Bien que renforçant ses liens avec Google, Anthropic a souligné qu’elle restait attachée à son « principal partenaire de formation », Amazon, qui a investi 8 milliards de dollars (environ 7,5 milliards d’euros) en échange de l’accès à ses puces et à son cluster d’IA Project Rainier. L’entreprise continue également d’utiliser les GPU de Nvidia dans le cadre d’une stratégie dite « multiplateforme ».
Ce partenariat avec Google et celui avec Amazon reflètent une tendance plus large dans le secteur de l’IA : une interdépendance croissante entre les développeurs de modèles et les fournisseurs de puissance de calcul, chacun investissant et s’achetant mutuellement des technologies. OpenAI a été à l’origine de cette évolution, en annonçant récemment des accords avec DMLA pour accéder à six gigawatts de puissance de calcul, avec Nvidia pour dix gigawatts, et un partenariat de 300 milliards de dollars (environ 280 milliards d’euros) sur cinq ans avec Oracle.
Cette multiplication des accords a suscité des inquiétudes dans la Silicon Valley, certains y voyant des similitudes avec les interdépendances spéculatives qui ont précédé l’éclatement de la bulle Internet. Cependant, Stéphanie Aliaga, stratégiste du marché mondial pour JPMorgan Chase, estime que les dépenses actuelles en IA sont soutenues par une capitalisation plus importante et un potentiel de monétisation plus clair.
« L’ampleur des dépenses est considérable, leur rythme sans précédent, et certaines hypothèses concernant le retour sur investissement, notamment la durée de vie utile des actifs, restent des questions ouvertes », a toutefois averti Aliaga. « L’histoire nous rappelle que l’enthousiasme peut parfois précéder la réalité. »
Sur le même sujet
