Publié le 26 octobre 2025 01:49:00. Une équipe internationale de chercheurs a découvert que les neurones peuvent utiliser les graisses comme source d’énergie, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques pour des maladies neurologiques rares, comme la paraplégie spastique héréditaire 54 (HSP54). Cette avancée remet en question les connaissances établies sur le métabolisme cérébral.
- Les neurones peuvent produire leur propre carburant en recyclant des composants cellulaires grâce à une protéine clé, DDHD2.
- Un dysfonctionnement de DDHD2 est lié à la HSP54, une maladie neurologique rare affectant la communication entre les cellules nerveuses.
- Des suppléments d’acides gras ont permis de restaurer l’activité neuronale dans des expériences en laboratoire, offrant un espoir de traitement.
Longtemps, il a été enseigné que les neurones dépendaient exclusivement du glucose pour fonctionner. Or, des chercheurs de l’Université du Queensland (Australie) et de l’Université d’Helsinki (Finlande) ont mis en évidence un mécanisme insoupçonné : les neurones sont capables d’utiliser les lipides, ou graisses, comme source d’énergie. Plus surprenant encore, ils peuvent même fabriquer ces graisses en décomposant et en recyclant des éléments de leurs propres cellules, un processus rendu possible par la protéine DDHD2.
Cette découverte prend une importance particulière dans le contexte de la paraplégie spastique héréditaire 54 (HSP54), une affection neurologique rare. Dans cette maladie, la protéine DDHD2 ne fonctionne pas correctement, privant les neurones de leur capacité à produire l’énergie nécessaire à leur fonctionnement. Cela entraîne des troubles de la communication entre les cellules nerveuses, se manifestant par des difficultés motrices et cognitives dès le plus jeune âge.
Les résultats des expériences menées en laboratoire sont encourageants. En traitant des neurones affectés par HSP54 avec des suppléments spécifiques d’acides gras, les scientifiques ont observé une amélioration significative de leur activité en seulement 48 heures. Les cellules ont retrouvé leur capacité à produire de l’énergie et à fonctionner normalement.
« Cela change vraiment la donne », a déclaré le Dr Merja Joensuu, responsable du projet et de l’étude à l’Institut australien de bioingénierie et de nanotechnologie. « Nous avons montré que les neurones sains dépendent des graisses comme carburant, et lorsque cette voie est bloquée, comme dans le cas de la HSP54, il pourrait être possible de réparer les dommages et d’inverser les neuropathologies. »
Dr Merja Joensuu, responsable du projet et de l’étude à l’Institut australien de bioingénierie et de nanotechnologie
Les chercheurs se préparent désormais à la prochaine étape de leurs travaux : des tests de sécurité et d’efficacité de ces traitements à base d’acides gras sur des modèles précliniques. L’objectif est de déterminer si cette approche pourrait être transposée à l’homme et si ce mécanisme énergétique basé sur les graisses pourrait également être exploité pour traiter d’autres maladies neurologiques pour lesquelles les options thérapeutiques sont limitées.
« Nous poursuivrons notre collaboration passionnante avec de nouvelles technologies non invasives pour imager le cerveau et contribuer ainsi à un développement plus rapide de la thérapie potentielle. Cette avancée ne se contente pas de réécrire les manuels scolaires, elle pourrait transformer des vies »,
Dr Giuseppe Balistreri, Université d’Helsinki
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