Home SantéDix actions recommandées par les neurosciences pour améliorer l’attention et la concentration au fil des années

Dix actions recommandées par les neurosciences pour améliorer l’attention et la concentration au fil des années

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2025 04:01:00. La capacité à se concentrer, constamment sollicitée par un flux incessant de distractions numériques, peut naturellement diminuer avec l’âge, mais il est crucial de distinguer ce phénomène d’une perte de mémoire liée à des troubles neurologiques.

  • La concentration est une fonction cognitive complexe, essentielle pour l’attention et la vigilance.
  • Une baisse de la concentration avec l’âge est normale et liée à une réduction de l’attention sélective, mais n’implique pas nécessairement un déclin cognitif.
  • L’hyperstimulation et le multitâche fragmentent l’attention et peuvent entraîner une fatigue cognitive accrue.

Dans un monde saturé de notifications, de réseaux sociaux et de sollicitations numériques, maintenir sa concentration est devenu un véritable défi. Cette difficulté, souvent ressentie, s’accentue-t-elle avec l’âge ? Et comment distinguer une simple baisse de la concentration d’un signe avant-coureur de troubles plus graves ?

Comme le définissait déjà le célèbre psychologue et philosophe William James en 1890, l’attention est « la prise de possession par l’esprit, d’une manière claire et vivante, d’un parmi plusieurs objets ou chaînes de pensées simultanément possibles ». Les experts soulignent qu’il s’agit d’une fonction cognitive complexe et indispensable pour maintenir un état d’alerte.

La concentration, quant à elle, est la capacité à focaliser ses ressources cognitives sur une tâche spécifique, en évitant les distractions. Mais que se passe-t-il lorsque cette capacité commence à faiblir ?

Le docteur Ricardo Allegri, responsable du département de neurologie cognitive, neuropsychologie et neuropsychiatrie de l’établissement Dormir (MN 63 538), explique : « Il y a une baisse normale de la concentration avec le vieillissement, en raison d’une réduction de l’attention sélective (il est plus difficile de rechercher spontanément des informations ou des mots). Dans un vieillissement normal, ce mécanisme de récupération s’affaiblit, mais les informations sont enregistrées. C’est pourquoi on oublie un mot et qu’il réapparaît plus tard, seul ou avec un peu d’aide. Ceci est différent de l’oubli dans la maladie d’Alzheimer où les informations récentes ne sont pas correctement stockées. »

L’attention est à la base de la concentration, une fonction qui permet d’être attentif, vigilant et capable de focaliser sa conscience sur les événements. On distingue deux types d’attention : l’attention sélective, qui permet de se concentrer sur une ou plusieurs informations pertinentes, et l’attention soutenue, qui est la capacité de maintenir sa concentration pendant un certain temps.

Le docteur Guido Dorman, neurologue et directeur adjoint de la Clinique de la Mémoire INECO, précise qu’avec l’âge, des changements normaux dans l’efficacité de certains réseaux cérébraux, notamment frontaux et pariétaux, interviennent dans l’attention soutenue et le contrôle exécutif. Cela peut se traduire par une vitesse plus lente pour rester concentré ou pour passer d’une tâche à l’autre.

Il est toutefois important de distinguer le vieillissement normal des troubles cognitifs. « Une légère perte d’attention ou le besoin de plus de temps pour se concentrer font partie du vieillissement en bonne santé ; en revanche, lorsque la perte d’attention interfère avec les activités quotidiennes ou s’accompagne d’oublis fréquents, cela peut être le signe précoce d’un trouble neurocognitif et doit être évalué », prévient le docteur Allegri.

Les problèmes d’attention ne touchent pas uniquement les personnes âgées. Les nouvelles générations semblent également en souffrir. Le docteur Allegri explique : « Les nouvelles générations sont davantage habituées à une attention partagée, c’est-à-dire la capacité de s’occuper ou de se concentrer sur plusieurs tâches en même temps. Mais il y en a toujours une à laquelle on prête plus d’attention et les autres sont plus automatiques. Il ne faut donc pas téléphoner en conduisant, car si l’information téléphonique attire plus l’attention que la route, on se met en danger. C’est le principe du multitâche. »

Le docteur Dorman souligne que nous vivons dans un environnement d’hyperstimulation constante. « Les jeunes n’ont pas forcément moins de capacité de concentration, mais leur attention est formée différemment : plus fragmentée, plus sensible à la nouveauté et moins tolérante à l’ennui. » Il ajoute que le multitâche donne un sentiment d’efficacité, mais réduit en réalité la profondeur du traitement et augmente la fatigue cognitive.

« Notre cerveau n’est pas conçu pour gérer simultanément plusieurs flux d’informations ; ce que nous faisons, c’est changer rapidement d’attention, ce qui entraîne une perte de précision et de mémoire de ce que nous faisons. Les nouvelles générations n’ont donc pas de déficit structurel, mais leur cerveau s’adapte à un contexte de stimuli constants qui récompense davantage l’immédiateté que la concentration soutenue. »

Quand consulter un médecin ? « Lorsque nous avons des doutes sur ce qui se passe, ou lorsqu’il y a des changements significatifs par rapport à nous-mêmes et aux personnes du même âge et du même niveau d’éducation. Si c’est le cas, nous devons consulter notre médecin », recommande le docteur Allegri.

Martin Grané, neuropsychologue et membre du Département de Neuropsychologie de l’INECO, a déclaré à Infobae que stimuler l’attention est crucial pour maintenir une santé cognitive optimale et protéger contre les maladies neurodégénératives telles que la démence liée à la maladie d’Alzheimer : « En augmentant régulièrement notre capacité d’attention grâce à l’exercice, nous renforçons les réseaux de neurones responsables du traitement de l’information et de la prise de décision, ce qui peut aider à préserver la fonction cognitive en vieillissant. »

Le neuropsychologue souligne également les avantages d’une attention aiguë et ciblée : elle permet aux gens d’être dans le moment présent, ce qui se traduit par une bonne exécution de leurs activités quotidiennes, améliore l’efficacité et la productivité, réduit le risque d’accidents et d’erreurs, et permet une meilleure gestion du stress.

Comme toutes les fonctions cognitives, l’attention peut être améliorée grâce à des exercices d’entraînement cognitif, selon le docteur Allegri. Le docteur Dorman conclut : « Il n’existe pas de « gymnastique cérébrale » miraculeuse qui prévient le vieillissement cognitif, mais certaines habitudes et certains entraînements structurés peuvent avoir un impact positif. »

Voici quelques conseils pour améliorer sa concentration :

1. Dormez bien : Le sommeil est le principal modulateur de l’attention et de la mémoire. La Fondation nationale du sommeil recommande de dormir entre 7 et 8 heures.

2. Réduisez les distractions externes : Évitez les notifications, les réseaux sociaux et les interruptions constantes. Si vous n’êtes pas en mesure de maintenir votre attention, identifiez les distractions externes (bruits intermittents, musique avec paroles) ou internes (pensées, émotions) et agissez en conséquence.

3. Pratiquez la méditation/la pleine conscience : Cela améliore l’autorégulation et la capacité à maintenir la concentration.

4. Effectuez régulièrement de l’exercice physique : Cela améliore l’oxygénation et la connectivité des réseaux d’attention.

5. Gardez votre téléphone portable sous contrôle : Désactivez les notifications et définissez des heures spécifiques pour consulter vos e-mails ou vos réseaux sociaux.

6. Établissez des routines cognitives : Organiser votre environnement et hiérarchiser les tâches sur de courtes périodes favorise une concentration soutenue.

7. Faites des « pauses actives » : Des pauses d’environ 30 minutes, comme une promenade, du bricolage, une courte méditation ou la préparation d’un repas, aident à recycler l’attention. Évitez l’utilisation passive du téléphone portable. La technique Pomodoro propose de travailler 25 minutes puis de faire une pause de 5 minutes.

8. Gardez votre espace de travail bien rangé : L’environnement physique a une influence sur la concentration.

9. Choisissez un livre ou un article et lisez-le pendant une période prolongée, environ 20 à 30 minutes. Concentrez-vous sur le maintien de votre attention sur le texte, évitez les distractions et essayez de comprendre et de retenir les informations que vous lisez.

10. Jouez au sudoku : C’est un jeu qui met au défi la capacité de se concentrer et de rester concentré sur une tâche spécifique. Les échecs et les mots croisés stimulent également le cerveau et améliorent la mémoire et l’attention.

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