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L’OMS signale la RAM la plus élevée dans les pays dotés de systèmes de santé les plus faibles

Publié le 26 octobre 2025 12:56:00. La résistance aux antimicrobiens, en particulier chez les bactéries à Gram négatif, représente une menace croissante pour la santé mondiale, selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette…

L’OMS signale la RAM la plus élevée dans les pays dotés de systèmes de santé les plus faibles

Publié le 26 octobre 2025 12:56:00. La résistance aux antimicrobiens, en particulier chez les bactéries à Gram négatif, représente une menace croissante pour la santé mondiale, selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette résistance, exacerbée par les inégalités d’accès aux soins et aux diagnostics, compromet l’efficacité des traitements et pourrait nous ramener à une ère où des infections courantes deviennent mortelles.

  • La résistance aux antimicrobiens a augmenté dans 40 % des combinaisons pathogène-antibiotique surveillées entre 2018 et 2023.
  • Les pays à faible revenu et dotés de systèmes de santé fragiles sont les plus touchés par cette crise.
  • L’utilisation excessive d’antibiotiques à large spectre est un facteur clé de l’augmentation de la résistance.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur une aggravation de la résistance aux antimicrobiens (RAM), et plus particulièrement des bactéries pathogènes à Gram négatif, dans son rapport 2025 basé sur les données de son système mondial de surveillance de la résistance et de l’utilisation des antimicrobians (GLASS). Ce rapport souligne que la RAM compromet sérieusement l’efficacité des traitements médicaux, menaçant ainsi les progrès de la médecine moderne.

Depuis sa création en 2016, le nombre de pays participant au GLASS a quadruplé, permettant d’établir des estimations globales plus précises. Malheureusement, ces estimations révèlent une tendance inquiétante : une augmentation de la résistance aux antimicrobiens dans 40 % des combinaisons pathogène-antibiotique surveillées entre 2018 et 2023. La résistance aux carbapénèmes et aux fluorquinolones, des antibiotiques essentiels pour traiter les infections graves, est particulièrement préoccupante, notamment chez Acinétobactérie spp, E. coli, K. pneumoniae et Salmonella spp.

« C’est une préoccupation majeure, car ces antibiotiques sont cruciaux pour le traitement des infections graves », explique le rapport. « L’augmentation de la RAM réduit les options thérapeutiques disponibles et conduit souvent à un passage des traitements oraux aux traitements intraveineux, avec un recours accru aux antibiotiques de deuxième et de dernier recours. »

Les chercheurs du GLASS soulignent que les facteurs socio-économiques et la solidité des systèmes de santé sont des déterminants clés de l’ampleur de la RAM. Leur analyse révèle une corrélation inverse significative entre l’indice de couverture sanitaire universelle (une mesure de l’accès aux services de santé essentiels) et le revenu, ainsi que le pourcentage médian de RAM dans les infections sanguines.

« Cette tendance indique une syndémie, où la RAM affecte de manière disproportionnée les pays disposant de systèmes de santé plus faibles et de niveaux de revenus plus bas », précisent-ils.

Les pays où la surveillance de la résistance est limitée sont souvent ceux qui présentent les niveaux de résistance les plus élevés. Les chercheurs du GLASS appellent donc à renforcer les laboratoires et les systèmes de données dans les régions sous-financées.

Le rapport formule trois recommandations principales : intégrer la surveillance de la RAM dans la pratique clinique courante et développer des systèmes de surveillance représentatifs au niveau national pour les infections nosocomiales et hospitalières ; renforcer l’accès à des diagnostics de qualité garantie pour la bactériologie et la mycologie ; et investir dans des systèmes d’information numériques robustes.

L’utilisation excessive d’antibiotiques à large spectre dans les contextes où les ressources sont limitées est identifiée comme le principal moteur de la RAM. L’OMS classe les antibiotiques selon le cadre AwaRe en trois catégories : « Accès », « Surveillance » et « Réserve », en fonction de leur pertinence pour le traitement des infections courantes, de leur potentiel de résistance et de leur utilisation en dernier recours pour les infections multirésistantes.

En 2022, les antibiotiques de la catégorie « Accès » ne représentaient que 52,7 % de l’utilisation mondiale, ce qui est loin de l’objectif fixé par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2024, qui vise à atteindre 70 % d’ici 2030. Le rapport révèle également que les antibiotiques de la catégorie « Surveillance » représentaient 45,3 % de l’utilisation mondiale et dépassaient 70 % dans près d’un tiers des pays.

Les chercheurs observent que l’augmentation de la résistance aux antibiotiques moins coûteux, tels que les céphalosporines de troisième génération, conduit à une prescription accrue de carbapénèmes, puis, lorsque la résistance se manifeste chez les agents pathogènes à Gram négatif, à des antibiotiques de la catégorie « Réserve ». Ces derniers, soulignent-ils, sont souvent inabordables et disponibles de manière irrégulière, et nécessitent des confirmations diagnostiques rarement réalisables dans les régions sous-financées.

« Ces tendances soulignent l’urgence de renforcer la gestion des antibiotiques et de garantir un accès équitable à des antibiotiques essentiels efficaces à tous les niveaux de soins », concluent les chercheurs du GLASS.

Référence
OMS. Rapport mondial de surveillance de la résistance aux antibiotiques 2025. 2025, 13 octobre.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.