Home MondeEn Argentine, le parti de Javier Milei remporte largement les législatives de mi-mandat

En Argentine, le parti de Javier Milei remporte largement les législatives de mi-mandat

by Clara Dubois

Le parti de l’actuel président argentin, Javier Milei, a remporté les élections législatives de mi-mandat ce dimanche 26 octobre 2025, consolidant ainsi sa position et ouvrant la voie à de nouvelles réformes économiques. Ce succès intervient dans un contexte de profondes difficultés économiques et sociales pour le pays.

Selon les résultats partiels officiels, disponibles à 90 % du dépouillement, La Libertad Avanza, le parti de Milei, a obtenu un peu plus de 40,84 % des voix au niveau national. Il devance largement Fuerza Patria, le bloc représentant une partie de l’opposition péroniste (centre gauche), qui a recueilli 24,50 % des suffrages. La journée s’est déroulée sans incident notable, selon les autorités.

Ces élections de mi-mandat étaient considérées comme un test crucial pour le président ultra-libéral de 55 ans, qui cherchait un soutien populaire à sa politique. Ce résultat lui permettra de renforcer sa base parlementaire, actuellement minoritaire (15 % des députés et 10 % des sénateurs), et d’accroître sa capacité à mettre en œuvre ses projets de réforme et de dérégulation économique au cours des deux années restantes de son mandat.

L’enjeu de ces élections dépassait les frontières argentines, notamment en raison de l’engagement d’une aide substantielle de plus de 40 milliards de dollars (publics et privés) promise par l’administration Trump à son allié idéologique sud-américain. Donald Trump avait toutefois averti que cette aide pourrait être remise en question en cas de défaite de Javier Milei.

Javier Milei a voté en fin de matinée à Buenos Aires, accueilli par des partisans enthousiastes scandant « Allez Javier ! » et « Bien, président ! ». Il n’a pas fait de déclaration à la presse, selon l’Agence France-Presse.

Le président Milei a déjà pris des mesures audacieuses pour tenter de redresser l’économie argentine, notamment en luttant contre l’inflation, qui est passée de plus de 200 % à 31,8 % sur un an, et en rétablissant un équilibre budgétaire, une première depuis quatorze ans. Cependant, son « plus grand ajustement budgétaire de l’histoire », comme il aime à le rappeler, a entraîné la perte de plus de 200 000 emplois et un « sous-financement » des services publics de santé et d’éducation. L’activité économique a également diminué de 1,8 % en 2024, et la reprise prévue pour 2025 semble fragile.

« Le programme économique ne fonctionne pas pour les gens, pour les entreprises, pour l’industrie », a déclaré après son vote le sénateur d’opposition (centriste) Martin Lousteau. « On a besoin d’un Parlement moins polarisé, avec moins de cris, d’insultes et plus de capacité à dialoguer. »

Javier Milei a souvent eu recours à des décrets et des accords législatifs ponctuels pour contourner les blocages parlementaires. Il a qualifié le Parlement de « nid à rats » et de « dégénérés », suscitant de vives critiques. Il envisage de mettre en œuvre d’ici 2027 des réformes fiscales, de flexibilisation du marché du travail et du système de protection sociale.

À ce stade, la confiance dans la capacité de Milei à mener à bien des ajustements budgétaires supplémentaires s’amenuise, selon Mauricio Monge, analyste pour l’Amérique latine au cabinet britannique Oxford Economics. « S’estompe la confiance dans sa capacité à réaliser des ajustements plus importants », estime-t-il.

Les marchés financiers se montrent sceptiques quant à la poursuite de la politique d’austérité et jugent le peso surévalué. Le Trésor américain est intervenu à plusieurs reprises en octobre pour acheter des pesos et éviter une chute brutale de la monnaie, ce qui, selon les Argentins, pourrait signaler un risque de dévaluation post-électorale.

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