Un souvenir d’enfance marqué par les images de guerre, une vocation tardive et une santé fragile : le parcours du père Christian Auffret, prêtre savoyard, est un témoignage de foi et de résilience. Après une greffe du foie en 2018, il consacre aujourd’hui son énergie à accompagner ceux qui souffrent, fort d’une expérience personnelle éprouvante.
C’est à l’âge de sept ans, en Bretagne, que Christian Auffret a été profondément touché par la violence de la guerre. « J’ai vu des images de tanks, de soldats et de guerre au journal télévisé et je me suis réfugié dans ma chambre », se souvient-il. « J’étais bouleversé, ce soir-là. Je me suis enfermé pour pleurer et crier. Et pour la première fois, j’ai senti la présence du Seigneur, sur mon épaule. Une présence réconfortante, rassurante qui ne m’a jamais quitté. »
Après sept années passées dans une imprimerie en Savoie, Christian a ressenti l’appel d’une vocation religieuse. Un moment décisif s’est produit lors de la visite du pape Jean-Paul II à Lyon. « Le Pape a appelé des jeunes à devenir prêtres, ça a été un déclic », explique-t-il. Il a alors intégré un centre vocationnel à Aix-Les-Bains, avant de poursuivre ses études au séminaire et d’être ordonné prêtre en Maurienne en 1996, à l’âge de 34 ans.
La vie du père Auffret a été marquée par une fragilité de santé dès sa naissance. Hémophile, il a déménagé en Savoie pour bénéficier de soins adaptés. C’est là qu’il a été contaminé par l’hépatite C suite à des transfusions sanguines. « La maladie a fait des ravages sur mon foie », témoigne-t-il. Des années de traitements, une cirrhose et un cancer ont suivi.
En 2018, alors qu’il était recteur du sanctuaire Notre-Dame de Myans, Christian Auffret a bénéficié d’une greffe de foie. « Lors de cette hospitalisation de six mois et pendant toutes les années de souffrance qui ont précédé, Jésus a toujours été là », assure-t-il. « La vie de foi, la vie sacramentelle, le soutien et la prière de la communauté chrétienne m’ont vraiment aidé à supporter les épreuves. » Il n’a jamais éprouvé de colère envers Dieu, mais exprime son indignation face aux responsables de l’affaire du sang contaminé.
Aujourd’hui, le père Auffret vit une « deuxième vie ». Il remercie quotidiennement son donneur et l’équipe médicale qui a réalisé la transplantation. Il continue à exercer son ministère au sein de l’Église catholique de Savoie, tout en restant proche de sa famille, notamment en appelant régulièrement son frère et sa sœur. Il profite également de promenades avec son chien.
« Avoir reçu un tel don, cela invite à donner et se donner toujours plus », affirme-t-il. Bien qu’il soit confronté à un diabète qui limite son activité, il s’est engagé auprès de l’association des donneurs de sang locaux à Albens. Son expérience de la fragilité le rend particulièrement attentif à ceux qui traversent des moments difficiles. « Quand je sens qu’une personne a le cafard ou en a marre de la vie, j’essaye de transmettre que le Seigneur nous aime, malgré la souffrance », conclut-il.
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