Les marchés des changes sont en pleine mutation, tiraillés entre un regain d’appétit pour le risque et des divergences de politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique. Cette semaine, les regards sont tournés vers les banques centrales et une possible intervention du Japon, tandis que les tensions politiques en France pèsent sur l’euro.
L’optimisme ambiant, alimenté par des rumeurs d’accord commercial entre les États-Unis et la Chine, a favorisé les devises considérées comme plus risquées, notamment le dollar australien et le dollar néo-zélandais. Pékin semble prêt à répondre aux préoccupations américaines concernant les contrôles à l’exportation, le fentanyl et les frais d’expédition, tandis que Washington indique qu’une augmentation des achats de soja américain par la Chine est à l’étude. En conséquence, les valeurs refuges traditionnelles, comme le yen et le franc suisse, ont subi des pressions.
La politique monétaire diverge considérablement selon les régions. L’Amérique du Nord penche pour une baisse des taux d’intérêt : les marchés anticipent une réduction du taux directeur américain de 4,25 % à 4 % et du taux de la Banque du Canada de 2,5 % à 2 %. À l’inverse, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ) adoptent une attitude prudente. La BCE devrait signaler la fin de son cycle d’assouplissement monétaire, avec un taux de dépôt qui, selon la plupart des analystes de Bloomberg, restera à 2 % jusqu’en 2027, bien que 17 % des sondés anticipent une hausse dès 2026.
Le Japon pourrait également reprendre ses interventions sur le marché des changes. Le nouveau Premier ministre Sanae Takaichi et son équipe estiment qu’une action coordonnée entre le gouvernement et la BoJ est nécessaire, ce qui exerce une pression supplémentaire sur le yen. L’arrivée prochaine de Donald Trump à Tokyo pourrait également influencer la situation, son aversion pour un dollar fort pouvant alimenter les spéculations sur une intervention monétaire.
Par ailleurs, la situation politique en France reste instable. Le report de la réforme des retraites a encouragé les socialistes à réclamer de nouvelles concessions et à proposer une loi visant à augmenter les impôts des plus riches. Cette incertitude se traduit par un élargissement de l’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes, ce qui pèse sur l’euro.
À ce stade, les investisseurs restent attentifs aux prochaines réunions des banques centrales et aux déplacements de Donald Trump en Asie, des facteurs susceptibles de redéfinir les équilibres sur le marché des changes.