Publié le 27 octobre 2025 12:42:00. Une découverte prometteuse de l’Université Queen Mary de Londres pourrait révolutionner le traitement des maladies auto-immunes et inflammatoires grâce à une nouvelle approche thérapeutique ciblant les cellules T régulatrices. Salt Hill, une société spécialisée, s’est vue accorder une licence exclusive pour développer cette innovation.
Salt Hill a obtenu une licence de brevet exclusive de l’Université Queen Mary de Londres concernant une technologie novatrice utilisant des activateurs de glucokinase pour améliorer le fonctionnement des cellules T régulatrices (Tregs). Ces cellules, véritables « freins » du système immunitaire, jouent un rôle crucial dans la prévention des réactions inflammatoires excessives. L’objectif est de permettre aux médecins de mieux moduler la réponse immunitaire des patients.
Cette avancée est le fruit des recherches menées par le professeur Federica Marelli-Berg, professeur BHF d’immunologie cardiovasculaire à l’Université Queen Mary de Londres, et soutenues par la British Heart Foundation. Le professeur Marelli-Berg explique :
« Nous avons découvert que des médicaments appelés activateurs de glucokinase peuvent réguler le système immunitaire en améliorant le mouvement et la fonction des cellules T régulatrices, les « freins » naturels du corps contre les inflammations nocives. Cette approche a un potentiel non seulement pour les maladies inflammatoires, mais également pour lutter contre les infections et améliorer les résultats des greffes. »
Professeur Federica Marelli-Berg, professeur d’immunologie cardiovasculaire à l’Université Queen Mary de Londres
Les premiers résultats sont encourageants. Un essai clinique mené sur des patients atteints de COVID-19 a démontré qu’un activateur de glucokinase améliorait la régulation immunitaire et les résultats cliniques.
Salt Hill prévoit de poursuivre le développement de cette technologie, qui pourrait transformer la thérapie cellulaire. Contrairement aux approches conventionnelles, souvent coûteuses et complexes, cette nouvelle méthode permettrait d’activer les cellules directement dans le corps grâce à une petite molécule. Cela rendrait les traitements plus accessibles et élargirait leur champ d’application.
L’entreprise travaille en étroite collaboration avec Queen Mary depuis plusieurs années. En 2020, elle a déjà mené l’essai de phase II Arcadia, qui a évalué l’utilisation de l’AZD1656, un activateur de glucokinase, pour réduire l’inflammation chez des patients diabétiques hospitalisés pour COVID-19. Les patients traités ont présenté une restauration de l’équilibre immunitaire et une diminution des taux de mortalité.
Plus récemment, Salt Hill s’est associé à l’University College London (UCL) pour approfondir la compréhension des effets immunomodulateurs de l’AZD1656, en utilisant un modèle cutané d’inflammation humaine. Ces recherches visent à mieux comprendre comment cette approche immunométabolique peut exploiter les mécanismes spécifiques de migration et d’activation des différents types de cellules T.
L’importance scientifique et clinique des Tregs est de plus en plus reconnue, comme en témoigne l’attribution du prix Nobel de physiologie ou médecine en 2025 à des chercheurs travaillant dans ce domaine. Cependant, leur utilisation clinique à grande échelle a été freinée par les difficultés logistiques liées à la thérapie cellulaire. L’invention du professeur Marelli-Berg pourrait lever ces obstacles et ouvrir de nouvelles perspectives pour le traitement d’un large éventail de maladies auto-immunes et inflammatoires, allant du diabète de type 1 à la sclérose en plaques.
John Martin, président de Salt Hill, souligne :
« Ce partenariat avec l’Université Queen Mary de Londres nous permet d’explorer de nouvelles approches pour traiter les maladies à médiation immunitaire, dont beaucoup n’ont aucun traitement ou ne peuvent être traités que par des stéroïdes, qui peuvent eux-mêmes être nocifs. Ce partenariat constitue un bond en avant dans le potentiel de la médecine pour traiter les maladies auto-immunes et inflammatoires. »
John Martin, président de Salt Hill
Cette innovation représente donc un espoir significatif pour les millions de personnes atteintes de maladies auto-immunes et inflammatoires à travers le monde.