Publié le 27 octobre 2025 13:47:00. La mise en place d’équipes spécialisées dans les hôpitaux néerlandais pour sensibiliser au dépistage du VIH auprès des patients présentant certaines pathologies a entraîné une augmentation significative du nombre de tests réalisés. Une étude récente souligne l’importance de cette approche, tout en identifiant des populations où l’accès au dépistage reste insuffisant.
- L’introduction d’« équipes VIH » dans les hôpitaux a permis d’augmenter de plus de 30 points le taux de dépistage du VIH chez les patients présentant des maladies indicatrices.
- Les femmes, les personnes âgées, les migrants et les personnes hétérosexuelles sont plus susceptibles de voir leur maladie indicatrice du VIH non détectée.
- Cette stratégie, testée dans deux centres hospitaliers universitaires néerlandais, s’avère efficace et durable pour accroître le nombre de tests de dépistage.
Une nouvelle stratégie de dépistage du VIH, basée sur la sensibilisation et la formation du personnel hospitalier, porte ses fruits aux Pays-Bas. Des « équipes VIH », composées de médecins spécialistes, ont été déployées au centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam, puis au centre médical universitaire de Leiden, afin d’inciter au dépistage des patients présentant des maladies qui peuvent être liées à une infection non diagnostiquée par le VIH.
L’étude, menée entre janvier 2020 et juillet 2023, a analysé les données de 313 666 diagnostics. Avant la mise en place des équipes, 49 230 diagnostics avaient été établis, contre 264 436 après leur introduction. Parmi ces patients, 2 395 présentaient une maladie indicatrice du VIH, notamment le carcinome du col de l’utérus, le lymphome non hodgkinien et les infections sexuellement transmissibles (IST).
Les résultats sont encourageants : le taux de dépistage chez les patients présentant une maladie indicatrice du VIH est passé de 50,1 % à 80,7 % (p < 0,001). La prévalence du VIH chez les personnes testées s’élève à 0,6 %. L’intervention des équipes VIH a également permis de proposer un test à 69 patients supplémentaires sur 411 cas de maladies indicatrices non testées initialement, suite à un retour d’information auprès des médecins traitants.
L’analyse des données révèle toutefois des disparités. Les femmes atteintes d’une maladie indicatrice du VIH ont moins souvent bénéficié d’un test de dépistage (rapport de cotes ajusté [aOR] 0,59). De même, les patients présentant des pathologies pour lesquelles les recommandations de test ne sont pas clairement définies dans les directives nationales sont moins susceptibles d’être testés (aOR 0,36).
Les chercheurs concluent que la mise en place d’équipes VIH multidisciplinaires au sein des hôpitaux constitue une approche efficace et durable pour augmenter le nombre de tests de dépistage liés aux maladies indicatrices du VIH. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour optimiser cette stratégie et garantir un accès équitable au dépistage pour tous.
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