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La réforme fiscale améliore la nutrition et la santé climatique sans frais d’épicerie supplémentaires

Publié le 28 octobre 2025 09:39:00. Une étude suédoise révèle qu’une refonte du système fiscal alimentaire, favorisant les produits sains et pénalisant les aliments néfastes pour la santé et l’environnement, pourrait améliorer significativement la santé publique et réduire…

La réforme fiscale améliore la nutrition et la santé climatique sans frais d’épicerie supplémentaires

Publié le 28 octobre 2025 09:39:00. Une étude suédoise révèle qu’une refonte du système fiscal alimentaire, favorisant les produits sains et pénalisant les aliments néfastes pour la santé et l’environnement, pourrait améliorer significativement la santé publique et réduire l’empreinte carbone du pays, sans pour autant alourdir le budget des ménages.

  • Une nouvelle fiscalité alimentaire pourrait prévenir jusqu’à 700 décès prématurés chaque année en Suède.
  • La suppression de la TVA sur les fruits, légumes et céréales complètes, combinée à une taxation des boissons sucrées et de certaines viandes, est au cœur des propositions.
  • L’étude démontre que cette réforme serait neutre en termes de coûts pour les consommateurs et pourrait même générer des économies à long terme grâce à une meilleure santé publique.

Des chercheurs de l’Université de technologie Chalmers, en collaboration avec le Karolinska Institutet et l’Université suédoise des sciences agricoles, ont publié une analyse approfondie sur l’impact potentiel d’une politique fiscale alimentaire remaniée. Leurs conclusions, publiées dans la revue Économie écologique, soulignent que l’alimentation actuelle représente un fardeau sanitaire et environnemental considérable.

Selon l’étude, une alimentation déséquilibrée est responsable d’un nombre de décès comparable à celui du tabagisme, et bien supérieur à celui de la consommation d’alcool. En Suède, l’impact environnemental de l’alimentation est tel qu’il représente le double des émissions directes de l’ensemble du parc automobile national.

« Les régimes alimentaires d’aujourd’hui nous rendent malades et ont un impact négatif sur le climat. Si nous voulons agir collectivement contre ce problème, les impôts et les subventions sont une bonne voie à suivre. »

Jörgen Larsson, chercheur principal à l’Université de technologie Chalmers

Les chercheurs proposent de rééquilibrer le système fiscal en supprimant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les aliments considérés comme bénéfiques pour la santé et l’environnement – fruits, légumes, légumineuses et produits à base de céréales complètes – tout en instaurant une taxe sur les produits jugés nocifs : boissons sucrées, bœuf, agneau, porc et viande transformée. Cette approche, selon eux, pourrait réduire l’empreinte climatique des Suédois d’environ 700 000 tonnes d’équivalent CO2 par an, soit l’équivalent de la suppression de 8 % des émissions de toutes les voitures du pays.

L’étude précise que cette réforme fiscale serait conçue pour être neutre en termes de coûts pour les consommateurs. La suppression de la TVA sur certains aliments compenserait l’augmentation des prix due à la taxation d’autres produits. Les chercheurs estiment que la suppression de la TVA pourrait faire baisser les prix de près de 11 % pour les produits concernés (10 % pour le pain complet, 4 % pour les fruits et légumes), stimulant ainsi leur consommation. À l’inverse, une taxe sur les boissons sucrées pourrait augmenter leurs prix d’environ 17 %, réduisant la consommation d’un quart. L’impact le plus important serait observé sur le bœuf et l’agneau, avec une augmentation des prix d’environ 25 % et une réduction de la consommation de viande de 19 %.

« Bien que cela puisse sembler être une forte augmentation des prix, cela entraînerait également une diminution d’un cinquième de la consommation de viande en Suède, ramenant ainsi la consommation de viande au même niveau que dans les années 1990. Tout le monde n’a pas besoin de devenir végétarien pour le bien du climat, mais avec une consommation plus modérée, il y a beaucoup à gagner. »

Jörgen Larsson, chercheur principal à l’Université de technologie Chalmers

Les résultats de cette étude interviennent alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) plaide également pour l’utilisation des taxes alimentaires comme un outil efficace pour promouvoir une alimentation saine. L’OMS souligne que les taxes actuelles sont souvent trop ciblées et peuvent être facilement contournées par les entreprises agroalimentaires. Par ailleurs, une étude récente a mis en évidence un lien négatif entre la consommation d’aliments ultra-transformés et la sensibilisation à l’empreinte carbone, ainsi qu’à l’adoption de comportements alimentaires durables et sains (plus d’informations ici).

Les chercheurs insistent sur le fait que les modifications de prix ont un impact significatif sur les choix des consommateurs et recommandent de s’inspirer des recommandations du rapport EAT-Lancet pour orienter les politiques fiscales. Ils soulignent également que cette réforme pourrait bénéficier aux ménages à faible revenu, car elle rendrait les aliments sains plus abordables. Enfin, ils estiment que la neutralité budgétaire de la réforme, combinée aux bénéfices potentiels pour la santé publique et la réduction des coûts de santé, augmentent les chances de sa mise en œuvre.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.