Home NouvellesLe Vietnam tourne-t-il le dos aux États-Unis ? « 11 000 milliards de wons de trafic d’armes avec la Russie »

Le Vietnam tourne-t-il le dos aux États-Unis ? « 11 000 milliards de wons de trafic d’armes avec la Russie »

by Nicolas Lefèvre

Hanoï, Vietnam – Le Vietnam s’éloigne discrètement des États-Unis et se rapproche de la Russie, concluant un accord secret d’armement de 8 milliards de dollars (environ 11 500 milliards de wons). Ce revirement stratégique intervient après des tensions commerciales et une aide étrangère réduite de la part de l’administration Trump.

Selon des documents divulgués suite à un piratage d’une entreprise militaire russe, le contrat comprend l’acquisition de 40 avions de combat Su-35 et Su-30 de fabrication russe, ainsi que des systèmes de défense aérienne avancés et un transfert de technologie sous-marine. Le Vietnam aurait contourné les sanctions américaines imposées à la Russie suite à l’invasion de l’Ukraine en effectuant des paiements via des sociétés tierces ou des coentreprises pétrolières et gazières.

Ce changement de cap s’explique, selon les analystes, par l’imprévisibilité de la politique menée par l’ancien président américain Donald Trump. L’administration Trump avait notamment imposé des droits de douane élevés sur les meubles vietnamiens et réduit l’aide financière apportée au pays. Ces mesures ont affaibli la position des partisans d’un rapprochement avec les États-Unis et accru la méfiance envers Washington.

« L’imprévisibilité de la politique de Trump a rendu le Vietnam très sceptique quant à ses relations avec les États-Unis », a déclaré Nguyen The Phuong, expert en sécurité à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie. « Même si le Vietnam achetait des avions de combat F-16 de fabrication américaine, on craignait que le président Trump puisse interdire leur utilisation afin de négocier avec la Chine. »

Par ailleurs, le Vietnam renforce ses liens avec d’autres acteurs régionaux, notamment la Corée du Nord et la Chine. Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, Lam, s’est récemment rendu en Corée du Nord pour discuter d’une coopération en matière de défense. De plus, le projet de liaison ferroviaire frontalière avec la Chine, bloqué depuis plusieurs années, est en voie de concrétisation.

Ces initiatives sont interprétées comme un signal de solidarité avec un bloc autoritaire composé de la Corée du Nord, de la Chine et de la Russie, anticipant une détérioration des relations avec les États-Unis. Cette évolution inquiète les alliés américains, tels que la Corée du Sud et le Japon, qui ont massivement investi au Vietnam. Les actions pro-russes ou pro-chinoises du Vietnam pourraient accroître les tensions en mer de Chine méridionale et déstabiliser la sécurité régionale.

Washington prévoit d’envoyer le secrétaire à la Défense Pete Hegseth au Vietnam début du mois prochain afin de tenter de rétablir les relations. Cependant, il s’annonce difficile de reconstruire la confiance entre les deux pays, comme le souligne Nguyen The Phuong : « Il est difficile de comprendre les pensées et les actions de Trump, pas seulement sur les questions commerciales. »

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.