Des premiers signes de troubles cardiaques pourraient être liés à des modifications cérébrales préfigurant un déclin cognitif, selon une vaste étude publiée le 26 mars 2025. L’analyse révèle une association entre la santé du cœur et le volume du cerveau, soulignant l’importance d’une détection et d’une prise en charge précoces des problèmes cardiaques.
L’étude, une méta-analyse regroupant sept recherches menées en Europe et aux États-Unis, a porté sur un total de 10 889 participants d’un âge moyen de 67 ans. Les chercheurs ont examiné les premiers signes de dysfonctionnement cardiaque, notamment le dysfonctionnement systolique et diastolique. Le dysfonctionnement systolique se manifeste par une incapacité du ventricule gauche à se contracter et à pomper le sang efficacement, tandis que le dysfonctionnement diastolique se caractérise par une relaxation incomplète du ventricule gauche entre les battements cardiaques, affectant son remplissage sanguin.
Les participants ont également subi des IRM cérébrales pour mesurer le volume de différentes zones du cerveau. Les résultats ont montré que les personnes présentant un dysfonctionnement systolique modéré à sévère avaient tendance à avoir un volume cérébral total plus faible que celles dont la fonction systolique était normale. De même, les troubles de la fonction diastolique étaient associés à une réduction du volume cérébral global et, plus spécifiquement, à une diminution du volume de l’hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire.
« Cette revue démontre qu’une meilleure santé cardiaque est associée à des volumes cérébraux plus importants, ce qui suggère que la préservation de la fonction cardiaque pourrait contribuer à maintenir la santé cérébrale, la mémoire et les capacités cognitives tout au long du processus de vieillissement », explique le Dr Frank J. Wolters, du centre médical de l’université Erasmus de Rotterdam aux Pays-Bas.
Selon le Dr Wolters, « même un léger dysfonctionnement diastolique est associé à une santé cérébrale compromise ». Il souligne l’intérêt d’évaluer les personnes souffrant de problèmes cardiaques, en particulier celles présentant une fonction diastolique altérée, pour détecter d’éventuels troubles de la mémoire et du raisonnement à un stade précoce, et ainsi envisager des interventions appropriées.
Bien que l’étude révèle une association significative, elle ne prouve pas un lien de causalité direct entre les problèmes cardiaques précoces et la perte de volume cérébral. Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations pour mieux comprendre la relation complexe entre la santé cardiaque et la santé cérébrale, et pour déterminer si les modifications observées à l’imagerie sont corrélées à des conséquences cliniques importantes.
Il est à noter que la majorité des participants à la méta-analyse étaient de race blanche, ce qui limite la généralisation des résultats à des populations plus diversifiées.