Publié le 28 octobre 2025 21h45. L’administration Trump s’engage massivement dans le secteur nucléaire avec un partenariat stratégique de 80 milliards de dollars, visant à répondre à la demande énergétique croissante alimentée par l’essor de l’intelligence artificielle. Cette initiative marque un tournant après plus d’une décennie sans nouvelle construction de centrales aux États-Unis.
- Un partenariat de 80 milliards de dollars a été conclu pour renforcer l’énergie nucléaire américaine.
- Le gouvernement américain financera la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.
- L’objectif est de construire dix nouveaux réacteurs d’ici 2030, conformément à un décret signé par Donald Trump.
Washington s’apprête à relancer massivement son industrie nucléaire. Le gouvernement américain a signé un partenariat stratégique de 80 milliards de dollars avec Westinghouse, Brookfield Asset Management et Cameco, les propriétaires de Westinghouse, afin de stimuler le développement de l’énergie nucléaire. L’accord, annoncé ce mardi, vise à accélérer le déploiement de cette source d’énergie, jugée essentielle pour répondre à la demande croissante de l’intelligence artificielle.
Selon un communiqué de Westinghouse, ce pacte représente l’investissement le plus important dans le secteur nucléaire depuis le retour de Donald Trump à la présidence en janvier. Il prévoit un financement gouvernemental pour la construction de nouveaux réacteurs, en accord avec le décret présidentiel de mai qui fixe l’objectif ambitieux de voir dix « grands réacteurs » en construction d’ici 2030.
Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a salué cet accord comme l’incarnation de la vision du président Trump.
« Cet accord incarne la vision du président Trump de retrouver notre souveraineté énergétique, de créer des emplois bien rémunérés et de placer les États-Unis à l’avant-garde de la renaissance de l’énergie nucléaire. »
Howard Lutnick, secrétaire au Commerce
Cette impulsion intervient après plus d’une décennie sans nouvelle centrale nucléaire aux États-Unis, et alors que cette source d’énergie a progressivement perdu du terrain, en partie à cause de la perception négative qui a suivi des accidents majeurs tels que Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011). Les deux derniers réacteurs mis en service aux États-Unis ont coûté plus de 30 milliards de dollars, soit plus du double des 14 milliards de dollars initialement prévus.
L’alliance prévoit la construction de réacteurs Westinghouse AP1000 (d’une capacité de plus d’un gigawatt) et AP300 (petits réacteurs modulaires, ou SMR, encore en cours de certification).
En échange du financement et des permis facilitant la construction de ces nouvelles usines, le gouvernement américain se verra attribuer une participation lui permettant de percevoir 20 % des bénéfices de Westinghouse au-delà de 17,5 milliards de dollars. La date effective de cette participation dépendra de l’approbation finale de l’investissement et de la formalisation des accords de construction.
Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a affirmé que cette initiative contribuera à réaliser la vision du président Trump d’un pays dynamisé et en tête de la course mondiale à l’intelligence artificielle.
« Le président Trump a promis une renaissance de l’énergie nucléaire, et il tient désormais ses promesses. »
Chris Wright, secrétaire à l’Énergie
Le besoin de diversifier la matrice énergétique s’est accru suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a perturbé les marchés internationaux. De plus, l’essor des centres de données et du cloud computing, liés à l’intelligence artificielle, a entraîné une multiplication de la demande électrique. Des entreprises technologiques comme Google et Microsoft ont également annoncé des investissements importants dans des projets nucléaires pour répondre à ces défis.
Selon un porte-parole de Brookfield, les centrales construites seront détenues par des entités privées et non par l’État. L’objectif affiché est d’accélérer la transition vers l’énergie atomique, conformément aux décrets signés par Trump pour promouvoir le développement de nouveaux types de réacteurs et de combustibles, ainsi que pour stimuler les exportations liées au secteur nucléaire.
En mai, l’administration Trump a ordonné à la Commission de réglementation nucléaire (NRC) de réduire les délais d’autorisation des nouveaux réacteurs, en visant un processus accéléré de 18 mois, contre les délais beaucoup plus longs habituellement constatés. Cet ensemble de mesures s’inscrit dans le programme présidentiel visant à doubler ou tripler la capacité électrique du pays, face à l’essor de la demande tiré à la fois par l’IA et le secteur de la défense.
(Avec informations des agences)
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