Le dollar américain affiche une robustesse inattendue, soutenu par des indicateurs économiques encourageants, tandis que les marchés anticipent avec incertitude la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed). L’évolution du yen japonais et la performance du dollar australien suscitent également l’attention des investisseurs.
Les derniers chiffres macroéconomiques américains, notamment une croissance de l’emploi dans le secteur privé de 14 250 postes au cours des quatre dernières semaines jusqu’au 11 octobre – une nette amélioration par rapport à la baisse de 32 000 en août – renforcent la position des partisans d’une politique monétaire restrictive au sein de la Fed. Cette dynamique pourrait inciter Jerome Powell, le président de la Fed, à adopter une rhétorique plus ferme, ce qui pénaliserait l’euro face au dollar. Inversement, une réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) plus mesurée pourrait favoriser un rebond de l’EUR/USD.
Par ailleurs, Washington exerce des pressions sur le Japon pour qu’il assouplisse son contrôle sur sa monnaie. Scott Bessent a plaidé pour que le gouvernement japonais donne plus de latitude à sa banque centrale, estimant qu’un resserrement monétaire permettrait de stabiliser les anticipations d’inflation et de limiter la volatilité des taux de change. La Maison Blanche s’est montrée insatisfaite des récentes valorisations du yen, ce qui a incité certains investisseurs à prendre leurs bénéfices et entraîné un léger recul de la devise japonaise. Bien qu’une hausse des taux d’intérêt en octobre semble peu probable, une attitude plus agressive de Kazuo Ueda, le gouverneur de la Banque du Japon, pourrait relancer le yen et augmenter les chances d’une hausse en décembre.
Le dollar australien, quant à lui, connaît un regain de popularité. L’accélération de l’inflation aux États-Unis, atteignant son plus haut niveau depuis deux ans et demi, a contribué à cette dynamique. Les marchés financiers ont revu à la baisse les probabilités d’une baisse des taux d’intérêt par la Banque de réserve d’Australie (RBA) début novembre, passant de 40 % à 8 %. La probabilité d’une baisse significative des taux d’intérêt d’ici décembre n’est plus que de 25 %.
Des rumeurs concernant une possible réduction des droits de douane américains sur les importations chinoises liées au fentanyl – de 20 % à 10 % en échange d’un renforcement des contrôles à l’exportation par Pékin – soutiennent également le dollar australien. Si cette mesure était mise en œuvre, les droits de douane moyens imposés à la Chine passeraient de 55 % à 45 %, ce qui bénéficierait à l’économie australienne et à d’autres devises liées à la Chine.