Publié le 29 octobre 2025 20h00. Alors que la plupart des pays de la zone euro prévoient encore des déficits budgétaires, le Portugal se distingue par ses objectifs ambitieux de réduction de la dette et de croissance économique, se plaçant parmi les meilleurs élèves de la région.
- Le Portugal ambitionne un excédent budgétaire de 0,1 % du PIB en 2026, se positionnant parmi les trois objectifs les plus ambitieux de la zone euro.
- La dette publique portugaise pourrait être inférieure à celle de la Finlande dès l’année prochaine, une inversion notable.
- Le Portugal affiche la cinquième meilleure prévision de croissance économique pour 2026, avec 2,3 %.
La zone euro affiche une disparité notable en matière de finances publiques. Selon les projets de plans budgétaires transmis à Bruxelles et consultés par le Jornal Económico, seuls trois gouvernements anticipent un excédent l’année prochaine. Chypre et l’Irlande affichent les objectifs les plus élevés, avec respectivement 3 % et 0,8 % du PIB. Le Portugal suit de près avec 0,1 %, un chiffre qui, s’il est atteint, marquerait la quatrième année consécutive d’excédents budgétaires pour le pays.
Cette année, seuls quatre pays de la zone euro prévoient un solde positif : Chypre, l’Irlande, le Portugal (avec 0,3 % du PIB) et le Danemark, qui ne fait pas partie de la zone euro. La situation contraste fortement avec celle de la France, de l’Espagne et de la Belgique, qui n’ont pas enregistré d’excédent depuis une décennie et affichent toujours des déficits supérieurs à 3 % du PIB en 2024. La Croatie, dont le dernier excédent remonte à 2022, prévoit également un déficit de 1,9 % cette année.
La France, en particulier, est sous pression. Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté une proposition de budget le 14 octobre, mais le plan budgétaire correspondant n’a pas encore été publié par Bruxelles. Le pays, qui peine à respecter les règles européennes en matière de déficit et d’endettement, a connu une crise politique récente en raison de ses finances publiques et ne table sur un déficit inférieur à 3 % qu’en 2029, au mieux.
En matière de dette publique, le Portugal pourrait surprendre. Si les prévisions se confirment, la dette portugaise atteindra 87,8 % du PIB en 2026, inférieure à celle de la Finlande (88,5 %). La Finlande a vu sa dette augmenter depuis la pandémie, passant de 65,3 % en 2019 à un niveau actuel plus élevé. Le Portugal se classe actuellement quatrième en termes de dette publique parmi les pays ayant soumis leurs plans budgétaires, derrière Chypre, la Lettonie et les Pays-Bas.
La Grèce, malgré des efforts de réduction, devrait toujours afficher la dette la plus élevée de la zone euro en 2026 (137,6 %), suivie de près par l’Italie (137,4 %). Athènes prévoit une réduction significative de sa dette, de 7,8 points de pourcentage par rapport aux 145,4 % estimés pour cette année.
Sur le front de la croissance économique, le Portugal affiche une performance solide, avec une prévision de 2,3 % pour 2026. Seuls Malte (4,1 %), Chypre (3,1 %), l’Estonie (2,5 %) et la Grèce (2,4 %) anticipent une croissance plus forte. L’Irlande, quant à elle, affiche une croissance exceptionnelle de 10,8 % en 2025, une situation qui la place dans une position unique en zone euro, combinant une situation budgétaire saine, une dette en baisse et une croissance économique soutenue.
Pour 2025, l’Autriche est le seul pays à anticiper une récession (-0,3 %), tandis que l’Allemagne prévoit une stagnation (0 %).



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