Publié le 31 octobre 2023 10:22:00. Comprendre une conversation dans un environnement bruyant dépendrait plus de nos capacités cognitives que de notre acuité auditive, selon une nouvelle étude de l’Université de Washington. Les résultats mettent en lumière l’importance du cerveau dans le traitement de la parole en situation complexe.
- La capacité à comprendre la parole dans le bruit est fortement corrélée au quotient intellectuel (QI).
- L’étude a inclus des participants atteints d’autisme, de syndrome d’alcoolisme foetal et un groupe témoin.
- Des ajustements simples, comme le choix de la place ou l’utilisation d’appareils auditifs, peuvent améliorer la communication pour les personnes ayant des capacités cognitives plus faibles.
La difficulté à suivre une conversation dans un lieu animé ne serait pas toujours liée à une déficience auditive. Une recherche menée par des scientifiques de l’Université de Washington révèle que la compréhension du langage dans des environnements bruyants, tels que les cafés ou les salles de classe, repose davantage sur les performances cognitives que sur la simple capacité à entendre. Les conclusions de cette étude, récemment publiées dans la revue PLOS One, soulignent le rôle crucial du cerveau dans le décodage de la parole en présence de multiples sources sonores.
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont étudié un groupe diversifié de participants, comprenant des personnes atteintes d’autisme, du syndrome d’alcoolisme foetal et un groupe témoin considéré comme « neurotypique ». Tous les participants présentaient une audition normale, mais leur aptitude à comprendre la parole dans un environnement bruyant variait considérablement en fonction de leur QI.
L’expérience consistait à demander aux participants, au nombre d’une cinquantaine, de suivre les instructions d’une voix principale tout en étant exposés à deux autres conversations simultanées. La difficulté augmentait progressivement à mesure que le volume des voix de fond s’intensifiait. Après ce test, les participants ont passé des évaluations d’intelligence portant sur la logique verbale, la logique non verbale et la perception. L’analyse des données a démontré une corrélation directe : plus les performances cognitives étaient élevées, plus la compréhension de la parole dans un environnement multi-locuteurs était performante.
Une charge cognitive importante dans le bruit
« Quiconque a du mal à entendre dans un endroit bruyant n’a pas forcément un problème d’audition », explique Bonnie Lau, directrice de l’étude.
« Entendre dans un environnement bruyant exige une puissance cérébrale considérable. Il faut séparer les différents flux de parole, se concentrer sur la bonne voix, bloquer les bruits parasites et comprendre correctement le langage – phonèmes, syllabes, mots. À cela s’ajoutent des compétences sémantiques et sociales, comme sourire ou acquiescer. Tout cela augmente la charge cognitive. »
Bonnie Lau, directrice de l’étude
L’étude souligne toutefois que des aménagements simples, tels que le choix de la place assise ou l’utilisation d’appareils auditifs, peuvent faciliter la communication pour les personnes ayant des capacités cognitives plus faibles ou présentant des profils neurodivergents.
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