Publié le 30 octobre 2025 à 21h28. Une étude américaine révèle que les enfants nés de mères ayant contracté le COVID-19 pendant leur grossesse présentent un risque accru de troubles du développement neurologique, notamment des retards de langage et des troubles moteurs, avant l’âge de trois ans.
- Les enfants dont la mère a été infectée par le SARS-CoV-2 pendant la grossesse ont 29 % plus de chances de développer un trouble neurodéveloppemental.
- Le risque est plus élevé chez les garçons et lorsque l’infection survient au troisième trimestre de la grossesse.
- Les chercheurs soulignent l’importance de la prévention du COVID-19 pendant la grossesse et de la confiance dans la vaccination.
Des recherches menées par des équipes de Mass General Brigham ont mis en évidence un lien entre l’infection par le COVID-19 pendant la grossesse et un risque accru de troubles du développement neurologique chez l’enfant. L’étude, publiée dans la revue Obstetrics & Gynecology, s’inscrit dans la continuité des observations liant certaines infections maternelles à des problèmes de développement chez l’enfant. Des études antérieures sur des animaux ont déjà démontré que l’activation du système immunitaire pendant la grossesse pouvait perturber le développement cérébral du fœtus.
Pour cette étude, les chercheurs ont analysé les données de 18 124 naissances vivantes survenues entre mars 2020 et mai 2021, période de forte circulation du virus SARS-CoV-2. Parmi les 861 enfants dont les mères étaient testées positives au COVID-19 pendant la grossesse, 140 (soit 16,3 %) ont reçu un diagnostic de trouble neurodéveloppemental avant l’âge de trois ans. Ce chiffre contraste avec les 1 680 diagnostics (soit 9,7 %) observés parmi les 17 263 enfants nés de mères non infectées. Après ajustement pour tenir compte d’autres facteurs potentiellement influents, l’étude a révélé une augmentation de 29 % du risque de trouble neurodéveloppemental chez les enfants dont la mère avait contracté le COVID-19.
L’étude précise également que les garçons semblent plus vulnérables que les filles, et que le risque est maximal lorsque l’infection survient au cours du troisième trimestre de la grossesse. Cependant, le co-auteur principal de l’étude, Roy Perlis, MD, MSc, du département de psychiatrie de Mass General Brigham, tempère ces résultats en soulignant que « le risque global de conséquences neurodéveloppementales indésirables chez les enfants exposés reste probablement faible ».
Selon Lydia Shook, MD, spécialiste en médecine maternelle et fœtale et première auteure de l’étude, il est essentiel que les parents soient conscients de ce potentiel risque.
« La sensibilisation des parents au potentiel de résultats neurodéveloppementaux indésirables chez l’enfant après le COVID-19 pendant la grossesse est essentielle. En comprenant les risques, les parents peuvent plaider de manière appropriée pour que leurs enfants bénéficient d’une évaluation et d’un soutien appropriés. »
Lydia Shook, MD, spécialiste en médecine maternelle et fœtale
L’auteure principale, Andrea Edlow, MD MSc, spécialiste en médecine maternelle et fœtale au département d’obstétrique et de gynécologie de Mass General Brigham, insiste sur l’importance de la prévention :
« Ces résultats mettent en évidence que le COVID-19, comme de nombreuses autres infections pendant la grossesse, peut présenter des risques non seulement pour la mère, mais aussi pour le développement du cerveau du fœtus. »
Andrea Edlow, MD MSc, spécialiste en médecine maternelle et fœtale
Elle souligne également la nécessité de maintenir la confiance du public dans les vaccins, y compris celui contre le COVID-19.