La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé ce jeudi 21 mars, lors de sa réunion annuelle à Florence, qu’elle maintient ses taux d’intérêt inchangés, malgré un contexte économique incertain. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a souligné la prudence de l’institution face aux risques persistants, tout en laissant entrevoir une possible baisse des taux en décembre si les conditions économiques le permettent.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, la BCE a affiné son évaluation des risques pesant sur la croissance économique de la zone euro. Alors que le mois de septembre dernier, l’institution parlait de risques « plus équilibrés », elle s’abstient désormais de toute nuance, dressant une liste plus étoffée de facteurs de hausse et de baisse. Christine Lagarde a même admis que certains risques à la baisse s’étaient atténués, sans pour autant signaler un changement imminent dans la balance des risques.
La question des perturbations des chaînes d’approvisionnement a également été abordée, notamment en raison des tensions récentes entre la Chine et l’Union européenne concernant les puces électroniques et les terres rares. La BCE reste particulièrement attentive à l’inflation des services, qu’elle juge toujours trop élevée.
« Nous avons dressé une liste un peu plus longue de risques à la hausse et à la baisse pesant sur les perspectives de croissance », a déclaré Christine Lagarde.
Pour l’heure, la BCE semble confortablement installée dans sa position actuelle. Les prévisions de croissance de l’institution tablent sur une expansion de plus de 1 % par an pour l’économie de la zone euro, et une stabilisation de l’inflation autour de 2 % dans les années à venir. Cependant, plusieurs facteurs pourraient inciter la banque centrale à revoir sa politique monétaire lors de la réunion de décembre.
Parmi ces facteurs figurent l’impact retardé des tarifs douaniers américains, le renforcement du taux de change de l’euro, la politique budgétaire française, ou encore un éventuel retard dans la relance budgétaire allemande. Si l’un de ces risques se concrétisait, la BCE pourrait envisager une ou deux baisses de taux supplémentaires.
Un point d’attention particulier concerne l’introduction du système ETS2 (système d’échange de quotas d’émission), dont l’impact sur l’inflation est estimé à 0,2 point de pourcentage dans les prévisions actuelles de la BCE pour 2027. Tout retard dans la mise en œuvre de ce système pourrait entraîner une sous-estimation de l’inflation.
Les projections économiques du mois de décembre seront donc cruciales. Si les prévisions d’inflation pour 2028 s’avèrent inférieures à 1,7 %, la probabilité d’une nouvelle baisse des taux augmentera considérablement. À ce stade, Christine Lagarde n’a donné aucune indication précise sur l’avenir de la BCE, se contentant d’observer la situation avec prudence.
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