Publié le 31 octobre 2024. Souvent silencieux et diagnostiqué tardivement, le cancer du foie représente un défi majeur de santé publique, avec des options thérapeutiques de plus en plus sophistiquées pour améliorer le pronostic des patients.
- Le cancer du foie est fréquemment découvert à un stade avancé, ce qui complique les traitements.
- Les principales causes incluent les hépatites virales, l’alcoolisme chronique et la stéatose hépatique non alcoolique.
- Un dépistage régulier est crucial pour les personnes à risque, avec des analyses sanguines et des échographies recommandées tous les six mois.
Souvent méconnu, le cancer du foie est une tumeur agressive qui impacte significativement la qualité de vie des patients. Sa progression silencieuse, caractérisée par des symptômes non spécifiques, conduit fréquemment à un diagnostic tardif, réduisant ainsi les chances de succès thérapeutique.
Selon le Dr Matheus Andrade, oncologue, la majorité des lésions néoplasiques hépatiques sont des métastases – des tumeurs qui se développent dans d’autres organes avant de se propager au foie. Lorsque le cancer prend naissance directement dans les cellules hépatiques, on parle de carcinome hépatocellulaire, ou hépatocarcinome.
« L’hépatocarcinome se développe généralement sur un foie déjà fragilisé. Les causes principales sont les hépatites virales chroniques (B et C), une consommation excessive d’alcool, la stéatose hépatique non alcoolique (accumulation de graisse dans le foie) ou d’autres facteurs associés à la cirrhose. »
Dr Matheus Andrade, oncologue
L’inflammation chronique, résultant d’atteintes hépatiques prolongées, endommage les cellules et diminue leur capacité de régénération, favorisant ainsi l’apparition de mutations et le développement de cancers. La discrétion de la tumeur à ses débuts explique souvent un retard dans la consultation médicale. « Beaucoup de patients attribuent ces symptômes à de simples troubles digestifs et tardent à consulter un médecin », explique le Dr Andrade.
Symptômes du cancer du foie à ne pas ignorer
- Ictère (coloration jaunâtre de la peau et du blanc des yeux) ;
- Urine plus foncée et/ou selles plus pâles que d’habitude ;
- Démangeaisons cutanées ;
- Perte d’appétit et/ou nausées ;
- Perte de poids involontaire ;
- Fatigue persistante ou manque d’énergie ;
- Présence d’une masse dans la partie supérieure droite de l’abdomen.
Les personnes atteintes d’hépatite B ou C, de cirrhose, d’alcoolisme chronique ou de stéatose hépatique avancée constituent les groupes les plus à risque et doivent faire preuve de vigilance.
Comment traiter et prévenir la maladie
La détection précoce, par un suivi régulier des patients à risque, est la stratégie la plus efficace. Il est généralement recommandé d’effectuer des analyses sanguines et des échographies tous les six mois.
En cas de diagnostic, différentes options thérapeutiques sont envisageables : chirurgie, ablation par radiofréquence, embolisation, thérapies systémiques avec des médicaments ciblés ou immunothérapie. « Le traitement le plus adapté dépendra du stade de la maladie, de la fonction hépatique et de l’état général du patient », précise la Dr Marcela Crosara, oncologue à l’hôpital DF Star.
Un diagnostic précoce offre de meilleures chances de guérison. Dans les cas plus avancés, l’objectif est de contrôler la tumeur et de préserver la qualité de vie du patient.
« Ces dernières années, des progrès considérables ont été réalisés dans le traitement du carcinome hépatocellulaire. Il est donc essentiel que les patients consultent rapidement un spécialiste pour bénéficier des nouvelles thérapies disponibles. »
Dr Marcela Crosara, oncologue
La prévention repose sur l’adoption d’un mode de vie sain : alimentation équilibrée, activité physique régulière et, surtout, limitation de la consommation d’alcool et d’aliments ultra-transformés. Ces mesures contribuent à réduire les risques de stéatose hépatique et, par conséquent, de cancer du foie.
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