Plus de la moitié des décès masculins survenus aux États-Unis en 2023 ont été considérés comme prématurés, révélant une crise silencieuse de la santé masculine, selon un nouveau rapport de la Fondation Movember. Cette étude met en lumière des disparités significatives et des tendances inquiétantes, notamment une augmentation des décès liés à la toxicomanie et au suicide.
Le rapport, publié à l’approche du mois de novembre – traditionnellement consacré à la santé masculine par Movember depuis plus de 20 ans – dresse un portrait alarmant de la situation aux États-Unis par rapport à d’autres pays développés. L’organisation constate que les États-Unis se distinguent par un nombre particulièrement élevé d’années de vie perdues (YLL), ainsi que par un bilan élevé de décès prématurés dus aux surdoses de drogues et au suicide, un phénomène qualifié de « mort du désespoir ».
L’analyse révèle également des inégalités importantes en fonction du sexe et de l’origine ethnique. Les hommes américains décèdent plus souvent que les femmes, et les taux de mortalité prématurée sont particulièrement élevés chez les hommes d’origine amérindienne ou autochtone de l’Alaska, suivis par les hommes noirs ou afro-américains. Les hommes asiatiques, quant à eux, présentent le taux de mortalité prématurée le plus bas.
En comparant les données américaines à celles du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie, le rapport souligne que les hommes américains connaissent un nombre plus élevé d’années de vie perdues pour les cinq principales causes de décès : maladies cardiaques, cancer du poumon, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), automutilation et suicide. « Les YLL sont plus élevés chez les hommes américains que chez leurs collègues des trois autres pays, quelle que soit la cause », précise l’étude.
La Fondation Movember insiste sur le fait que la santé des hommes est une question collective qui nécessite l’engagement de multiples acteurs : gouvernement, philanthropie, employeurs, systèmes de santé, chercheurs, universités et les hommes eux-mêmes. « L’amélioration de la santé des hommes est un projet de trou de société », affirme l’organisation.
Le rapport met en avant l’importance des liens sociaux et de l’amitié pour le bien-être des hommes, en particulier en matière de santé mentale et de prévention de la « mort du désespoir ». Il souligne également que le soutien social peut jouer un rôle crucial dans l’observance des traitements médicaux et l’adoption d’un mode de vie sain.
Un point essentiel soulevé par l’étude est le manque de confiance des hommes envers le système de santé, qui contribue à un sentiment de ne pas être pris au sérieux. Pour remédier à cette situation, Movember recommande de transformer chaque consultation médicale en une occasion d’instaurer un climat de confiance, afin que les hommes se sentent en sécurité pour exprimer leurs préoccupations. « Afin que les hommes se sentent en sécurité pour partager des préoccupations qui autrement pourraient rester inexprimées », conclut le rapport.