Le déclin cognitif, la démence et la maladie d’Alzheimer sont des réalités de plus en plus présentes, touchant non seulement les personnes âgées mais aussi leurs familles. Comprendre les différences entre ces termes, les facteurs de risque et les mesures préventives est essentiel pour faire face à ces défis de santé publique.
Pour beaucoup, le déclin cognitif évoque des souvenirs personnels douloureux. « Ma grand-mère était ma personne préférée au monde », témoigne une personne. Elle a pris soin de moi et de mes frères et sœurs à Trinidad pendant que ma mère travaillait aux États-Unis pour nous offrir une vie meilleure. Elle avait toujours de bons conseils, une sagesse acquise au fil des années qu’elle partageait avec discrétion. »
Il y a une dizaine d’années, les premiers signes d’un léger déclin cognitif sont apparus chez sa grand-mère, un phénomène également observé chez d’autres membres de sa famille. Progressivement, ce déclin s’est accentué, entraînant des épisodes de confusion. La grand-mère, par exemple, préparait des valises pour retourner à Port of Spain, oubliant qu’elle vivait désormais aux États-Unis. Parfois, elle comprenait l’explication, parfois non. Un jour, il a même fallu verrouiller la porte pour l’empêcher de partir, une scène qui l’a profondément affectée.
Mais que signifient réellement ces termes : déclin cognitif, démence et maladie d’Alzheimer ? Le déclin cognitif est un processus naturel de perte de mémoire et de capacités cognitives, comme la pensée et le traitement de l’information. Les premiers stades sont souvent qualifiés de trouble cognitif léger (TCL), un facteur de risque accru de développer une démence et la maladie d’Alzheimer.
La démence, quant à elle, est un trouble qui affecte la capacité à traiter l’information, impactant la mémoire, la planification, le jugement et le raisonnement, et pouvant entraîner des changements de personnalité. Elle peut avoir diverses causes, notamment un traumatisme crânien, des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou l’accumulation de plaques et d’enchevêtrements dans le cerveau.
La maladie d’Alzheimer est une forme spécifique de démence, caractérisée par l’accumulation de protéines bêta-amyloïdes et d’enchevêtrements neurofibrillaires dans le cerveau. C’est la forme de démence la plus courante chez les personnes âgées. Bien que les symptômes puissent être reconnus, un diagnostic définitif ne peut être posé qu’après l’examen du tissu cérébral post-mortem.
La génétique joue un rôle non négligeable. L’apolipoprotéine E (APOE) est un transporteur de cholestérol dont le type (allèle) peut influencer le risque de développer une démence ou la maladie d’Alzheimer. Des études ont montré que le type ε4 d’APOE est associé à un risque accru d’environ 20 % chez les personnes de plus de 55 ans et de 12,9 % chez celles de plus de 75 ans, par rapport au type ε3. Le type ε2, en revanche, semble offrir une certaine protection.
Cependant, le port du type ε4 d’APOE ne signifie pas que la démence est inévitable. Les facteurs environnementaux peuvent moduler l’effet de cette variation génétique. Il est donc possible d’agir pour prévenir ou retarder l’apparition de ces troubles.
Plusieurs mesures simples peuvent être adoptées : rire fréquemment, car la recherche montre que le rire améliore la mémoire et peut atténuer les effets de la démence ; contrôler sa glycémie, car le diabète de type 2 est associé à un risque accru de démence, même chez les personnes non diabétiques, des niveaux de glucose élevés pouvant constituer un facteur de risque ; éliminer les facteurs de risque vasculaires, tels qu’une pression artérielle élevée ou un accident vasculaire cérébral ; et prendre des vacances régulières, car les activités de loisirs semblent réduire le risque de démence et de maladie d’Alzheimer.
« La génétique n’est pas toute l’histoire », souligne-t-on. Des études récentes montrent que l’enseignement supérieur, les activités de loisirs actives, le contrôle de la glycémie, l’élimination des facteurs de risque vasculaires et le maintien d’une vie mentale, physique et sociale active peuvent réduire le risque de démence et de maladie d’Alzheimer lié à l’APOE ε4 d’environ 40 %.
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