Une vague de froid précoce aux États-Unis et une demande mondiale soutenue de gaz naturel liquéfié (GNL) propulsent les prix à la hausse, signalant un possible rallye hivernal après des mois de stagnation. Les contrats à terme sur le gaz naturel ont enregistré leur plus forte progression hebdomadaire depuis février, atteignant 4,10 $ par million de BTU (MMBtu).
Les prévisions météorologiques annoncent une baisse significative des températures dans le Midwest et le Nord-Est américains entre le 9 et le 13 novembre, avec des écarts pouvant atteindre 10°F (environ 5,5°C) en dessous des normales saisonnières dans des villes comme Boston, New York et Philadelphie. Cette perspective incite les fournisseurs d’énergie et les industriels à anticiper leurs achats pour la saison de chauffage.
La demande d’exportation joue un rôle crucial dans cette dynamique. Les flux de GNL vers les huit principaux terminaux d’exportation américains ont atteint un niveau record de 16,5 milliards de pieds cubes par jour en octobre, en hausse par rapport aux 15,7 milliards de pieds cubes/jour enregistrés en septembre. La côte du Golfe, avec des installations comme Freeport, Sabine Pass et Corpus Christi, est au cœur de cette expansion.
En Europe, la réduction des approvisionnements en gaz russe maintient la demande de GNL à un niveau élevé. Les acheteurs asiatiques, notamment le Japon et la Corée du Sud, sécurisent également des livraisons supplémentaires dans le cadre de contrats à long terme avec les États-Unis. Cette combinaison de facteurs, conjuguée à une capacité limitée du bassin atlantique et à des primes d’expédition élevées dans le Pacifique, positionne le gaz américain comme un point d’équilibre mondial.
Les données de l’Administration américaine de l’information énergétique (EIA) révèlent que les stocks de gaz naturel américains se sont établis à 3 882 milliards de pieds cubes pour la semaine du 24 octobre, en hausse de 74 milliards de pieds cubes. Bien que ces réserves soient supérieures à la moyenne quinquennale, la hausse des prix indique que les anticipations concernant la demande hivernale et la solidité des exportations l’emportent sur les craintes d’un excédent d’offre.
Sur le plan technique, les analystes soulignent que le gaz naturel a franchi une résistance clé en brisant un triangle descendant qui limitait les prix depuis juin. Le contrat de décembre, désormais le plus échangé, a testé un sommet sur sept mois, ouvrant la voie à une poursuite de la hausse vers 4,25 $ à 4,50 $.
Les experts estiment que la demande liée aux conditions météorologiques est désormais le principal moteur du marché. Les craintes d’un excès d’offre se sont atténuées, les modèles de consommation intégrant une augmentation de 10 à 12 % de la demande de chauffage par rapport à l’année précédente. La production américaine, bien que soutenue, montre des signes de stabilisation, notamment dans le bassin permien en raison d’arrêts de maintenance temporaires.
Au niveau mondial, les capacités de stockage européennes sont pleines à 89 %, un niveau atteint plus tôt que prévu en raison du froid et de la baisse de la production éolienne. Les prix de référence du TTF néerlandais, à environ 37 €/MWh (environ 11 $ par MMBtu), rendent les échanges transatlantiques rentables pour les exportateurs américains. Les prix spot du GNL JKM en Asie, supérieurs à 12,50 $ par MMBtu, garantissent également la poursuite des exportations américaines.
Les traders considèrent de plus en plus le gaz naturel comme un actif cyclique à long terme en hiver. Les données de positionnement spéculatif de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) montrent une augmentation de 18 % de l’exposition nette longue, la plus forte hausse depuis avril, ce qui témoigne d’un sentiment haussier croissant.
Bien que le sentiment soit positif, des risques subsistent. Un temps doux et prolongé en novembre pourrait freiner la demande et provoquer des corrections à court terme. Cependant, les prévisions à long terme de l’EIA suggèrent que la demande soutenue de GNL et la croissance industrielle absorberont la production supplémentaire, limitant ainsi la volatilité à la baisse.
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