Publié le 2 septembre 2025. Une nouvelle étude suédoise révèle que la consommation excessive de sel pourrait perturber le métabolisme énergétique de l’organisme, augmentant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires au-delà de l’hypertension artérielle.
- Une consommation élevée de sel est associée à une utilisation réduite des graisses comme source d’énergie.
- Des niveaux plus élevés de métabolites liés à l’inflammation et à l’athérosclérose ont été observés chez les personnes consommant beaucoup de sel.
- Réduire la consommation de sel, qui dépasse souvent les recommandations en Suède, pourrait améliorer la santé cardiovasculaire.
Les effets du sel sur l’organisme sont désormais étudiés sous un nouvel angle. L’étude, menée dans le cadre du projet de recherche SCAPIS (Swedish CArdiopulmonary bioImage Study) de la Fondation Cœur-Poumon, suggère que le sel influence non seulement la pression artérielle, mais également le métabolisme énergétique. Les résultats, basés sur l’analyse de données provenant de près de 8 500 participants, indiquent un lien entre une consommation élevée de sel et des changements métaboliques potentiellement néfastes.
Selon le Dr Jonas Wuopio, spécialiste en médecine interne et chercheur au Karolinska Institutet, les personnes qui consomment moins de sel ont tendance à utiliser davantage leurs réserves de graisse comme source d’énergie.
« Nos résultats indiquent que les personnes qui consomment moins de sel utilisent davantage leurs réserves de graisse comme source d’énergie. Chez ceux qui consomment plus de sel, nous constatons plutôt des taux plus élevés de métabolites dans le sang qui, dans des recherches antérieures, ont été associés à l’inflammation et à l’athérosclérose. »
Jonas Wuopio, spécialiste en médecine interne et chercheur au Karolinska Institutet
À l’inverse, une consommation plus importante de sel est corrélée à des niveaux plus élevés de métabolites associés à l’inflammation et à l’athérosclérose.
Bien que l’on sache depuis longtemps qu’une consommation excessive de sel augmente le risque d’hypertension artérielle – un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires – les mécanismes précis par lesquels le sel affecte l’organisme restent encore mal compris. Cette étude apporte un nouvel éclairage sur ces mécanismes, en mettant en évidence le rôle du métabolisme énergétique.
Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une association et non d’une relation de cause à effet. Des études plus longues et plus approfondies sont nécessaires pour comprendre pleinement les liens entre la consommation de sel, le métabolisme et la santé cardiovasculaire. Ils notent également qu’une consommation élevée de sel, dans le cadre de l’étude, correspondait à environ 10 grammes par jour, un niveau supérieur aux recommandations de l’Agence suédoise de l’alimentation (6 grammes par jour) et proche de la moyenne de consommation en Suède (10 à 12 grammes par jour).
La Fondation Cœur-Poumon insiste sur l’importance de réduire la teneur en sel des aliments transformés, qui constituent la principale source de notre consommation de sel.
« Cette étude montre que le sel peut affecter le corps de plus de façons qu’on ne le pensait auparavant. Afin de pouvoir donner des conseils sur la façon de vivre sainement qui reposent sur la science, des études à grande échelle telles que SCAPIS sont nécessaires. Ce sont des investissements qui, à long terme, peuvent sauver des vies et pour lesquels nous devons remercier nos donateurs. »
Kristina Sparreljung, secrétaire générale de la Fondation Cœur-Poumon
Une grande partie du sel que nous consommons provient d’aliments transformés tels que le pain, la charcuterie et les plats préparés. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de réduire la teneur en sel de ces produits pour améliorer la santé publique. Rapport de l’OMS sur la réduction de la consommation de sel.
Trois conseils pour réduire votre consommation de sel
La Fondation Cœur-Poumon propose quelques conseils simples pour réduire votre consommation de sel au quotidien :
- Soyez conscient des sources cachées de sel : Le sel est souvent présent en quantités importantes dans des aliments courants comme le pain, le beurre, le fromage, la viande transformée, les collations et les plats préparés. Lisez attentivement les étiquettes et privilégiez les options à faible teneur en sel, notamment les produits portant le label Keyhole.
- Évitez d’ajouter du sel supplémentaire à table : Goûtez vos plats avant de les saler et demandez-vous si cela est réellement nécessaire.
- Passez au sel de potassium à la maison : Le sel de table ordinaire peut être remplacé par une alternative contenant moins de sodium et plus de potassium, disponible dans la plupart des supermarchés. Des études ont montré que cette substitution peut réduire le risque d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque.
À propos de SCAPIS
SCAPIS (Swedish CArdiopulmonary bioImage Study) est une vaste étude de population suédoise visant à mieux comprendre les maladies cardiaques, vasculaires et pulmonaires. Financée principalement par la Fondation Cœur-Poumon, elle implique des chercheurs de plusieurs universités et hôpitaux universitaires. L’objectif est de prédire les risques de maladies et de développer des stratégies de prévention plus efficaces.
L’étude a consisté à examiner 30 000 personnes âgées de 50 à 64 ans, sélectionnées au hasard, en utilisant des techniques d’imagerie avancées, des tests de la fonction pulmonaire et des analyses sanguines. Les données collectées sont stockées dans une base de données nationale et des échantillons biologiques sont conservés dans une biobanque pour de futures recherches. Une deuxième phase de l’étude, SCAPIS 2, est en cours, avec un suivi des participants.
Faits sur les maladies cardiovasculaires
En Suède, environ 2,2 millions de personnes vivent avec une maladie cardiovasculaire. Environ 30 000 Suédois meurent chaque année de ces maladies, qui restent la principale cause de décès. Cependant, les taux de mortalité ont considérablement diminué au cours des dernières décennies (une baisse de 77 % chez les femmes et de 74 % chez les hommes entre 1969 et 2023). Les personnes âgées de 70 ans et plus sont particulièrement touchées par les accidents vasculaires cérébraux.
Les progrès de la recherche ont permis de développer des outils de diagnostic plus précis, des traitements plus efficaces et des dispositifs médicaux innovants, tels que les défibrillateurs implantables. Les défis actuels consistent à prédire les maladies cardiovasculaires et à personnaliser les traitements.
À propos du travail de la Fondation Cœur-Poumon : La Fondation Cœur-Poumon collecte des fonds pour la recherche sur les maladies cardiaques et pulmonaires et sensibilise le public à l’importance de la prévention. L’entreprise dépend entièrement des dons. Vous pouvez soutenir la recherche en versant un don sur le compte 90 91 92-7 ou en envoyant un SMS au 90 91 927. www.hjart-lungfonden.se
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