Publié le 1er novembre 2025 à 09h15. L’absence remarquée de Donald Trump au sommet de l’APEC à Gyeongju, en Corée du Sud, a laissé le champ libre à la Chine et à son président Xi Jinping pour s’affirmer comme un acteur majeur sur la scène économique régionale, tandis que d’autres pays, comme le Canada, tentent de diversifier leurs partenariats.
- Le retrait de Donald Trump a permis à Xi Jinping de se positionner comme un défenseur du libre-échange et des intérêts économiques de la région.
- Les discussions au sommet de l’APEC ont révélé des divergences profondes entre les membres, remettant en question la pertinence de l’organisation.
- Le Canada et la Chine semblent renouer le dialogue, profitant de la politique américaine actuelle.
Alors que Donald Trump, en pleine tournée asiatique, cumulait les cadeaux et les apparitions médiatiques en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud, son absence au sommet de l’APEC à Gyeongju a été frappante. Le président américain, de retour à Washington à la veille des discussions, a laissé son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, gérer les affaires courantes. Cette situation a offert à Xi Jinping une opportunité inattendue de combler le vide et de se présenter comme une alternative au protectionnisme affiché par l’administration Trump.
Pendant que le président américain distribuait des bonbons d’Halloween à la Maison Blanche, Xi Jinping s’est engagé dans une série de rencontres bilatérales de haut niveau. Si l’on ne peut affirmer que ce sommet de deux jours ait éclipsé les discussions récentes entre Xi et Trump, notamment la trêve tarifaire conclue plus tôt dans la semaine, l’absence de l’homme fort de la Maison Blanche a permis aux autres dirigeants de faire entendre leur voix. Le Premier ministre canadien Mark Carney a ainsi prononcé une déclaration choc annonçant la fin de l’ère du libre-échange fondé sur des règles, tandis que Xi Jinping se positionnait comme le champion d’un commerce libre et ouvert, un rôle traditionnellement dévolu aux prédécesseurs de Trump.
L’APEC, regroupant 21 membres, est une coalition fragile, unie par la géographie mais divisée par des divergences politiques et économiques profondes. La difficulté à parvenir à un communiqué commun à l’issue du sommet de Gyeongju illustre cette fracture. La déclaration finale, formulée en termes généraux, s’est contentée d’« reconnaître l’importance d’un environnement commercial qui favorise la résilience et les bénéfices pour tous », sans mentionner le multilatéralisme ni l’Organisation mondiale du commerce.
Parallèlement, le Canada et la Chine semblent se rapprocher. Mark Carney a quitté sa rencontre avec Xi Jinping avec une invitation à se rendre en Chine, se réjouissant d’une « reprise » des relations bilatérales. Ce rapprochement intervient après que l’administration Trump a brusquement annulé les négociations commerciales avec le Canada et imposé des droits de douane supplémentaires en représailles à une publicité télévisée financée par le gouvernement ontarien critiquant la politique tarifaire américaine. Les tarifs imposés par Trump ont ainsi créé un terrain d’entente inattendu entre Carney et Xi.
Enfin, la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a fait ses premiers pas sur la scène diplomatique. La seule femme parmi les 14 dirigeants présents (Trump et six autres ayant envoyé des représentants) a su éviter les faux pas, se montrant pragmatique et posant les bases d’une politique étrangère qui pourrait surprendre, malgré son image d’ archi-conservatrice. Elle a notamment réaffirmé l’importance d’une « relation stratégique et mutuellement bénéfique » avec la Chine, tout en exprimant des préoccupations concernant les droits de l’homme et les activités militaires chinoises en mer de Chine méridionale.
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