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Respirer par les fesses ? Les chercheurs pensent que c’est possible

Publié le 1er novembre 2025 à 20h00. Des chercheurs japonais explorent une méthode surprenante pour oxygéner le corps : la « ventilation entérale », ou respiration rectale, qui pourrait offrir une solution d'urgence pour les patients souffrant de…

Respirer par les fesses ? Les chercheurs pensent que c’est possible

Publié le 1er novembre 2025 à 20h00. Des chercheurs japonais explorent une méthode surprenante pour oxygéner le corps : la « ventilation entérale », ou respiration rectale, qui pourrait offrir une solution d’urgence pour les patients souffrant de problèmes respiratoires sévères.

  • Une équipe de l’université d’Osaka a mené le premier essai clinique sur l’homme de cette technique, qui consiste à introduire de l’oxygène via le rectum.
  • L’inspiration vient du poisson loche, capable d’extraire l’oxygène de l’eau grâce à ses intestins.
  • Les premiers résultats indiquent que la méthode est sûre et bien tolérée, bien que certains participants aient ressenti un léger inconfort abdominal.

Ce qui a débuté comme une curiosité scientifique pourrait bien révolutionner la prise en charge des patients en détresse respiratoire. L’idée de respirer par l’anus, aussi surprenante qu’elle puisse paraître, est désormais l’objet d’une étude sérieuse menée par une équipe de chercheurs japonais.

La technique, officiellement baptisée « ventilation entérale », a déjà été testée avec succès sur des animaux, notamment des souris et des porcs. Le premier essai sur des humains, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Avec, confirme que cette méthode est sûre. L’étude a été dirigée par le Takanori Takebé de l’Université d’Osaka.

L’idée novatrice s’inspire d’un comportement observé chez le poisson loche. Cet animal avale de l’air et en extrait l’oxygène au niveau de ses intestins pour survivre dans des eaux pauvres en oxygène. Les chercheurs ont cherché à reproduire ce mécanisme chez l’homme.

Lors de l’expérience, 27 hommes en bonne santé ont reçu un liquide spécial, la perfluordécaline, inséré dans le gros intestin. Ce liquide a la particularité de pouvoir retenir l’oxygène, agissant comme un substitut artificiel du sang. Les participants ont conservé ce liquide pendant une heure – une expérience peu glamour, certes, mais qui constitue une étape importante.

Si certains sujets ont signalé une sensation de pression ou un léger inconfort abdominal, aucun effet secondaire grave n’a été constaté. Selon les chercheurs :

« Les résultats montrent que l’administration du liquide est sûre et bien tolérée. »

Takanori Takebé, Université d’Osaka

L’oxygène est habituellement absorbé par les poumons, mais la paroi intestinale possède également des capillaires capables de capter ce gaz. Ce phénomène existe déjà dans le règne animal et pourrait, en théorie, être exploité chez l’homme.

Si cette technique venait à être perfectionnée, elle pourrait offrir une solution vitale aux personnes souffrant de brûlures, de traumatismes ou d’infections pulmonaires sévères qui les empêchent d’être ventilées de manière conventionnelle. Takanori Takebé précise :

« La sécurité a maintenant été démontrée ; la prochaine étape consiste à étudier l’efficacité de l’administration d’oxygène grâce à cette méthode. »

Takanori Takebé, Université d’Osaka

L’idée de la respiration rectale avait déjà été récompensée en 2024 par le Prix Ig Nobel, une récompense satirique décernée aux recherches qui suscitent d’abord le rire avant de faire réfléchir. Aujourd’hui, les sourires semblent s’être estompés au profit d’un intérêt scientifique sérieux.

La prochaine phase de l’étude vise à déterminer si l’administration de ce liquide riche en oxygène peut réellement augmenter les niveaux d’oxygène dans le sang. Si les résultats sont positifs, « respirer par les fesses » pourrait devenir une option thérapeutique d’urgence en cas de détresse respiratoire aiguë.

Bien que peu conventionnelle, cette approche illustre la capacité de la science à explorer des pistes inattendues. La pénicilline est née d’une contamination fortuite, les stimulateurs cardiaques d’une erreur de manipulation, et peut-être, bientôt, la respiration rectale deviendra-t-elle une réalité médicale.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.