Publié le 3 novembre 2025 à 11h42. Une étude menée par l’Université de médecine de Halle révèle une diminution significative de la protéine synaptique SNAP-25 dans le liquide céphalo-rachidien des patients atteints de dépression sévère et de schizophrénie, ouvrant de nouvelles pistes pour le diagnostic et le suivi de ces maladies psychiatriques.
- La concentration de la protéine SNAP-25 est réduite chez les personnes souffrant de dépression sévère ou de schizophrénie.
- Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux biomarqueurs protéiques pour le diagnostic et le suivi des troubles psychiatriques.
- Les chercheurs soulignent la nécessité d’études plus vastes pour confirmer ces résultats et explorer le potentiel d’un test sanguin moins invasif.
Les biomarqueurs sont devenus des outils essentiels dans le diagnostic de nombreuses maladies, notamment les affections neurodégénératives. Cependant, leur application aux troubles psychiatriques reste limitée. L’équipe du professeur Markus Otto, de l’Université de médecine de Halle, s’est donc penchée sur l’étude des protéines synaptiques, en se concentrant sur la protéine SNAP-25, impliquée dans la transmission des signaux entre les cellules nerveuses.
SNAP-25 joue un rôle crucial dans la fusion des vésicules contenant des molécules messagères avec les synapses, permettant ainsi aux cellules nerveuses de communiquer. L’étude, publiée dans la revue BMJ Mental Health, a analysé des échantillons de liquide céphalo-rachidien provenant de 202 participants, dont 99 atteints de dépression majeure, 50 de schizophrénie et 24 de trouble bipolaire, ainsi qu’un groupe témoin de 29 personnes en bonne santé.
Les résultats ont révélé une diminution significative des niveaux de SNAP-25 chez les patients souffrant de dépression sévère et de schizophrénie, indépendamment de leur traitement médicamenteux ou de la gravité de leurs symptômes. En revanche, les niveaux de SNAP-25 chez les patients atteints de trouble bipolaire étaient similaires à ceux du groupe témoin.
Bien que ces résultats soient prometteurs, les chercheurs soulignent qu’un test de diagnostic fiable nécessite une grande spécificité et sensibilité.
« Nous venons tout juste d’apprendre comment les protéines synaptiques se comportent dans ces maladies. Dans ce cas, la spécificité et la sensibilité ne sont pas encore suffisantes pour être considérées comme un très bon test. Par conséquent, selon l’état actuel de la recherche, SNAP-25 ne peut être qu’un élément de diagnostic pour la dépression sévère et la schizophrénie. »
Professeur Dr. Petra Steinacker, directrice du laboratoire neurologique du centre médical universitaire de Halle
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à mener des études multicentriques plus vastes pour confirmer ces résultats et à déterminer si la diminution de SNAP-25 est due à une réduction de sa production. Les chercheurs envisagent également de développer un test sanguin moins invasif pour faciliter le diagnostic et le suivi des patients. Par ailleurs, des liens entre les marqueurs synaptiques et ceux observés dans la maladie d’Alzheimer sont actuellement étudiés.
L’étude a été soutenue dans le cadre du réseau européen de financement de la recherche neuroscientifique (ERA-NET NEURON) et du programme Horizon Europe.
Contacts scientifiques :
Service de neurologie
Centre médical universitaire de Halle
Professeur Dr Markus Otto, directeur
[email protected]
Informations complémentaires :
https://www.umh.de/neurologie Clinique universitaire et polyclinique de neurologie du Centre médical universitaire de Halle
Caractéristiques de ce communiqué de presse : Journalistes, grand public
Santé / Médecine
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