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Le cancer du poumon n’est pas seulement une maladie du fumeur, affirment les oncologues et mettent en garde contre les premiers signes ce mois-ci.

Publié le 4 novembre 2023. Le cancer du poumon, souvent associé au tabagisme, touche de plus en plus de non-fumeurs. À l'occasion du Mois de la sensibilisation, les oncologues insistent sur l'importance de connaître les premiers signes et…

Le cancer du poumon n’est pas seulement une maladie du fumeur, affirment les oncologues et mettent en garde contre les premiers signes ce mois-ci.

Publié le 4 novembre 2023. Le cancer du poumon, souvent associé au tabagisme, touche de plus en plus de non-fumeurs. À l’occasion du Mois de la sensibilisation, les oncologues insistent sur l’importance de connaître les premiers signes et de se faire dépister.

  • Le cancer du poumon n’est plus exclusivement une maladie de fumeur, la pollution atmosphérique et les facteurs génétiques jouant un rôle croissant.
  • Les premiers symptômes, tels que toux persistante, essoufflement ou fatigue, sont souvent négligés.
  • Le dépistage précoce, notamment par tomodensitométrie à faible dose, et l’arrêt du tabac sont essentiels pour améliorer le pronostic.

Novembre est consacré à la sensibilisation au cancer du poumon, une maladie grave et trop souvent mal comprise. Si le tabagisme reste un facteur de risque majeur, les spécialistes constatent une augmentation des cas chez les personnes n’ayant jamais fumé. Cette évolution est notamment liée à la pollution de l’air, à l’exposition au tabagisme passif et à une prédisposition génétique.

L’un des défis majeurs réside dans la discrétion des premiers symptômes. Ils se manifestent souvent par des signes banals, comme une toux qui persiste au-delà de quelques semaines, une gêne respiratoire lors d’un effort modéré, ou une fatigue inhabituelle. Ces manifestations, facilement attribuées à d’autres causes, peuvent retarder le diagnostic et compromettre les chances de guérison.

Les médecins soulignent l’importance d’un dépistage régulier, en particulier pour les personnes à risque. La tomodensitométrie à faible dose (TDM) est un examen d’imagerie permettant de détecter des anomalies pulmonaires à un stade précoce. Parallèlement, l’arrêt du tabac demeure la mesure préventive la plus efficace. Les experts rappellent que les bénéfices de l’arrêt du tabac sont significatifs, et que la fonction pulmonaire peut s’améliorer avec le temps, grâce à une alimentation équilibrée et à un air sain.

Nous avons interrogé le Dr Anadi Pachaury, directeur associé et chef d’unité d’oncologie chirurgicale au Max Super Specialty Hospital de Shalimar Bagh, et le Dr Arun Kumar Goel, président de l’oncologie chirurgicale à l’Andromeda Cancer Hospital, sur les aspects clés de cette maladie.

« De nombreuses personnes ignorent les premiers signes du cancer du poumon parce qu’ils ressemblent à des problèmes thoraciques ou saisonniers courants. Une toux qui persiste pendant des semaines, un léger inconfort thoracique, un enrouement ou un essoufflement lors des activités de routine peuvent tous être des indicateurs précoces. Certains peuvent remarquer de la fatigue ou des infections pulmonaires récurrentes. Même de petites traces de sang dans les crachats ne doivent jamais être ignorées et nécessitent des soins médicaux. »

Dr Anadi Pachaury, directeur associé et chef d’unité, oncologie chirurgicale, Max Super Specialty Hospital, Shalimar Bagh

« Aux premiers stades, le cancer du poumon est souvent difficile à détecter car les symptômes sont considérés comme mineurs. Les symptômes comprennent une toux qui persiste pendant plus de trois semaines, du sang dans les crachats, un essoufflement sans explication, des infections pulmonaires fréquentes, des douleurs dans la poitrine ou dans le dos, des modifications de la voix, une perte de poids ou de la fatigue. Ces symptômes doivent toujours être pris au sérieux, notamment par les fumeurs ou ceux vivant dans des zones polluées. »

Dr Arun Kumar Goel, président, oncologie chirurgicale, Andromeda Cancer Hospital

Les deux spécialistes s’accordent à dire que la fumée de cigarette contient des milliers de substances chimiques nocives, dont beaucoup sont cancérigènes et endommagent l’ADN des cellules pulmonaires. Plus la durée et l’intensité du tabagisme sont importantes, plus le risque de développer un cancer du poumon est élevé. Cependant, les non-fumeurs ne sont pas à l’abri, une exposition prolongée à la pollution atmosphérique, au tabagisme passif ou à des facteurs génétiques pouvant également déclencher la maladie.

Pour réduire le risque de cancer du poumon, les experts recommandent en premier lieu d’arrêter complètement de fumer. Il est également conseillé d’éviter le tabagisme passif, de limiter l’exposition à la pollution de l’air et aux produits chimiques sur le lieu de travail, et de maintenir une bonne ventilation à l’intérieur des habitations. L’utilisation de purificateurs d’air, de combustibles propres et le port de masques de protection les jours de forte pollution peuvent également contribuer à protéger les poumons. Les personnes ayant des antécédents de tabagisme important devraient discuter avec leur médecin de la possibilité de réaliser des tomodensitométries annuelles à faible dose pour un dépistage précoce. Des examens de santé réguliers et des vaccinations contre la grippe et la pneumonie sont également importants pour la santé pulmonaire à long terme.

« Une bonne alimentation et une activité physique régulière font une réelle différence. Les aliments riches en antioxydants, comme les légumes-feuilles, les fruits et les noix, aident à protéger les cellules des dommages. L’activité physique maintient les poumons forts et favorise un meilleur flux d’oxygène. Éviter les aliments transformés, l’alcool et les environnements pollués contribue également grandement à préserver la santé pulmonaire. »

Dr Anadi Pachaury, directeur associé et chef d’unité, oncologie chirurgicale, Max Super Specialty Hospital, Shalimar Bagh

« Une vie bien équilibrée est le principal facteur d’immunité pulmonaire. Incluez des aliments riches en antioxydants tels que des fruits, des légumes à feuilles vertes, du curcuma et des noix dans votre alimentation et réduisez en même temps la consommation d’aliments frits ou transformés. Consacrez 30 à 45 minutes à des exercices quotidiens qui augmenteront votre capacité pulmonaire. Si vous avez un poids santé, limitez votre consommation d’alcool et pratiquez des méthodes de relaxation et des exercices de respiration profonde tels que le pranayama, vos poumons seront plus forts. »

Dr Arun Kumar Goel, président, oncologie chirurgicale, Andromeda Cancer Hospital

Pour les anciens fumeurs, il est essentiel de ne pas reprendre le tabac et de se soumettre à des examens pulmonaires annuels. Une alimentation saine, une activité physique régulière et l’évitement de l’exposition aux polluants et à la fumée secondaire sont également recommandés. Les médecins conseillent de discuter du dépistage pulmonaire avec son médecin, en particulier si l’on a fumé pendant de nombreuses années. Ils soulignent que le corps continue de guérir avec le temps, et que la fonction pulmonaire et le risque de cancer diminuent progressivement après l’arrêt du tabac.

Enfin, les spécialistes insistent sur la nécessité de déconstruire certains mythes concernant le cancer du poumon. Il est faux de penser que cette maladie ne touche que les fumeurs, car elle peut également survenir chez les non-fumeurs, en raison de la pollution atmosphérique, du tabagisme passif ou de facteurs génétiques. Il est également erroné de croire que l’arrêt du tabac est inutile une fois le mal fait, car les bénéfices de l’arrêt du tabac sont immédiats et durables. Un diagnostic précoce offre les meilleures chances de guérison, et les nouvelles thérapies améliorent constamment le pronostic. Une toux persistante ou un essoufflement ne doivent jamais être ignorés, et aucun remède à base de plantes ne peut inverser les dommages causés à l’ADN par le tabagisme.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.