Publié le 4 novembre 2025. Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et une gestion du stress pourraient non seulement atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson, mais aussi ralentir sa progression, selon les dernières recherches du centre médical universitaire de Radboud.
- L’exercice physique intensif, au moins trois fois par semaine, combiné à des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre, est fortement recommandé.
- Une alimentation riche en végétaux, avec une consommation limitée de produits transformés, est privilégiée.
- La réduction du stress par des techniques de relaxation, la pleine conscience ou le yoga peut améliorer la qualité de vie des patients.
Si les médicaments permettent de soulager les symptômes de la maladie de Parkinson, ils ne freinent pas son évolution. Selon le neurologue et professeur Bas Bloem, du centre médical universitaire de Radboud, cette limitation s’explique par le fait que les traitements médicamenteux ciblent un seul aspect de la maladie, alors que de multiples facteurs sont impliqués. Modifier son mode de vie, en revanche, offre une approche plus globale et permet aux patients de prendre en main la gestion de leur maladie.
L’activité physique est particulièrement bénéfique. Les personnes sédentaires présentent un risque accru de développer la maladie de Parkinson, suggérant qu’un mode de vie actif pourrait avoir un effet protecteur. Chez les patients déjà atteints, l’exercice améliore non seulement les symptômes moteurs, tels que les tremblements et les difficultés de marche, mais réduit également la fatigue, améliore la qualité du sommeil, l’humeur et diminue l’anxiété.
Il est conseillé de pratiquer une activité physique intense pendant au moins trente minutes, trois fois par semaine. Cela peut inclure la course à pied, la danse, la boxe ou le vélo d’appartement. L’entraînement en force est également bénéfique. La pratique d’exercices en groupe peut être particulièrement motivante et favoriser le lien social. Des activités comme l’escalade, la boxe, le Tai Chi, la danse, le karaté et le Pilates ont démontré des effets positifs.
Des outils numériques, tels que des jeux vidéo et des lunettes de réalité virtuelle (VR), peuvent également encourager l’activité physique. La réalité virtuelle, en particulier, a montré des résultats prometteurs pour améliorer l’équilibre. Aucun effet secondaire négatif de l’exercice n’a été constaté chez les patients atteints de la maladie de Parkinson. En cas de chutes fréquentes ou de problèmes d’équilibre, il est recommandé de consulter un professionnel de santé spécialisé, accessible via le réseau national ParkinsonNet. Vous pouvez facilement trouver un spécialiste près de chez vous ici.
Les mécanismes précis par lesquels l’exercice aide à lutter contre la maladie de Parkinson ne sont pas encore entièrement compris. Cependant, des études d’imagerie cérébrale suggèrent que l’activité physique favorise la création de nouvelles connexions neuronales, permettant aux zones saines du cerveau de compenser les dommages causés par la maladie. L’exercice pourrait également ralentir la progression de la maladie en améliorant la circulation sanguine cérébrale, en réduisant l’inflammation et en modifiant la composition de la flore intestinale.
En matière d’alimentation, un régime de type méditerranéen, riche en végétaux, en céréales complètes, en noix, en graines et en légumineuses, est recommandé. Il est conseillé de limiter la consommation de produits transformés, riches en sucres et en sel. Une alimentation riche en fibres favorise la digestion et l’absorption des médicaments. Il est également important de boire suffisamment de liquides, de préférence de l’eau, du café ou du thé.
Bien que des recherches aient été menées sur les régimes cétogènes (faibles en glucides et riches en graisses), aucun effet positif significatif n’a été démontré chez les patients atteints de la maladie de Parkinson. Ces régimes peuvent être difficiles à suivre et entraîner des carences nutritionnelles.
La consommation de protéines peut interférer avec l’absorption de la lévodopa, un médicament utilisé pour traiter la maladie de Parkinson. Cependant, les protéines sont essentielles à la santé. Il est donc conseillé de consommer des protéines, mais pas en même temps que la prise de médicaments. La protéine de lactosérum, un sous-produit de la production de fromage, semble être une option sûre pour les patients ayant besoin d’un apport supplémentaire en protéines.
Le stress peut aggraver les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson et augmenter le risque de dépression et d’anxiété. Des techniques de relaxation, la pleine conscience, le yoga, le Tai Chi ou le Qigong peuvent aider à réduire le stress. Un réseau social solide et une attitude positive face à la vie contribuent également à renforcer la résilience.
L’adoption d’un mode de vie plus sain peut être un défi, mais il existe des ressources pour aider les patients et leurs proches. Un outil d’aide à la décision en ligne est disponible ici, permettant d’évaluer la situation personnelle et de faire des choix éclairés.
Une étude sur le mode de vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson est actuellement en cours. Vous pouvez vous inscrire ici.
Cette étude générale a été publiée dans The Lancet Neurology : Le rôle des interventions liées au mode de vie dans la gestion des symptômes et la modification de la maladie de Parkinson. Joanne Trinh, Nienke M de Vries, Piu Chan, Marieke CJ Dekker, Rick C Helmich, Bastiaan R Bloem. DOI : 10.1016/S1474-4422(25)00305-9.