Publié le 4 novembre 2025. Face à une crise persistante dans le secteur porcin, le ministère de l’Agriculture philippin et les producteurs locaux se sont accordés sur un prix minimum garanti à la ferme, tout en envisageant une augmentation des droits de douane sur les importations.
- Un prix minimum à la ferme de 210 pesos philippins (PHP) par kilo de porc vivant a été fixé.
- Le ministère de l’Agriculture et les organisations professionnelles recommandent de rétablir les droits de douane sur les importations de porc à 40 %, contre 25 % actuellement.
- Des mesures de contrôle accrues seront mises en place pour garantir la transparence et le commerce équitable, notamment en matière d’étiquetage des produits surgelés.
Les producteurs de porc philippins, confrontés à une chute drastique des prix à la ferme, ont alerté les autorités sur les difficultés financières croissantes qui menacent leur survie. Représentés par la Samahang Industriya ng Agrikultura (SINAG), la Fédération nationale des éleveurs de porcs Inc (NFHFI) et la Fédération des producteurs de porc des Philippines (PROPORK), ils ont souligné que les prix actuels, oscillant entre 150 et 180 PHP le kilo, ne couvrent même pas les coûts de production.
Le secrétaire à l’Agriculture, Francisco P. Tiu Laurel Jr., a constaté un décalage entre la baisse des prix à la production et le maintien des prix au détail.
« Les prix à la production ont fortement chuté, mais les consommateurs n’ont ressenti aucun soulagement. Lors de mes visites au marché, j’ai vu que le liempo (échine de porc) se vendait encore à environ 400 PHP le kilo. »
Francisco P. Tiu Laurel Jr., Secrétaire à l’Agriculture
Pour remédier à cette situation, le ministère de l’Agriculture envisage, en plus du prix plancher, de rétablir les droits de douane sur les importations de porc à leur niveau précédent de 40 %. Selon M. Tiu Laurel, la réduction des droits d’importation a entraîné une surimportation, saturant le marché et mettant en péril la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des éleveurs locaux. Cette situation rappelle celle des riziculteurs, également confrontés aux conséquences d’importations excessives.
Jayson Cainglet, directeur exécutif de SINAG, a salué la réponse du ministère de l’Agriculture :
« Ce qui arrive actuellement à nos éleveurs locaux est similaire à la situation difficile à laquelle sont confrontés nos riziculteurs qui subissent le poids des importations excessives. Nous remercions le DA d’avoir répondu à l’appel de l’industrie porcine locale pour ramener les droits de douane sur le porc à leur taux d’origine. »
Jayson Cainglet, Directeur exécutif de SINAG
Le ministère prévoit également d’instaurer un prix de détail suggéré maximum (PDSF) pour la viande de porc, en tenant compte de la rentabilité de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et de la protection des consommateurs. De plus, un arrêté administratif est en préparation pour reclasser les bajoues de porc, actuellement considérées comme des abats, afin de leur appliquer un taux de droit plus élevé, compte tenu de leur demande croissante, notamment pour la préparation du samgyupsal, un plat coréen populaire.
Enfin, le secrétaire Tiu Laurel a ordonné au Service d’assistance à l’agro-industrie et à la commercialisation (AMAS) et au Service national d’inspection des viandes (NMIS) de renforcer les contrôles pour garantir la transparence et le commerce équitable. Les supermarchés devront clairement indiquer si les produits carnés sont surgelés ou frais, et les détaillants vendant des produits surgelés devront s’assurer de la conformité de leurs équipements de conservation.
Ces mesures visent à stabiliser les prix, à soutenir les producteurs locaux et à protéger les consommateurs dans un contexte de volatilité persistante sur le marché du porc.
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