Publié le 2024-02-29 10:35:00. Une étude de l’Université d’Helsinki révèle que l’alimentation des chiens a un impact significatif sur leur métabolisme énergétique, avec des effets contrastés entre les régimes riches en glucides et ceux à base de viande crue.
- Les chiens nourris avec des croquettes ont montré une augmentation de leur glycémie, de leurs lipides sanguins et de leur poids.
- À l’inverse, un régime à base de viande crue a été associé à une diminution de ces mêmes paramètres, ainsi qu’à une plus grande dépendance aux graisses pour l’énergie.
- Cette recherche suggère que les chiens pourraient servir de modèles pour mieux comprendre le métabolisme humain.
Des chercheurs de l’Université d’Helsinki, regroupés au sein du groupe DogRisk, ont mené une étude comparative sur l’impact de deux types d’alimentation sur le métabolisme énergétique canin. Quarante-six Staffordshire Bull Terriers ont été suivis pendant une période médiane de 4,5 mois, certains recevant une alimentation à base de croquettes, d’autres un régime à base de viande crue.
Le régime à base de croquettes était caractérisé par une forte teneur en glucides sans fibres, tandis que le régime cru était riche en graisses et dépourvu de glucides sans fibres. Les scientifiques ont analysé divers biomarqueurs avant et après la période d’essai, notamment la glycémie, l’hémoglobine glycosylée, l’insuline, le glucagon, le cholestérol, les triglycérides, les corps cétoniques et le poids corporel.
Les résultats ont mis en évidence des différences notables. Les chiens alimentés avec des croquettes ont présenté une augmentation à long terme de leur glycémie, de leurs lipides sanguins et de leur poids. En revanche, ceux qui ont consommé de la viande crue ont affiché une diminution de ces mêmes indicateurs, ainsi qu’une baisse du taux de glucagon. Les deux groupes ont vu une augmentation des corps cétoniques, mais à un niveau significativement plus élevé dans le groupe nourri avec de la viande crue, témoignant d’une plus grande utilisation des graisses comme source d’énergie.
L’étude a également révélé une diminution de l’indice triglycérides-glucose chez les chiens nourris avec de la viande crue, un marqueur de résistance à l’insuline habituellement utilisé dans les études sur l’homme.
« Il est intéressant de noter que le régime de croquettes était associé à des changements souvent liés à une santé métabolique défavorable, tandis que le régime alimentaire cru favorisait des réponses métaboliques généralement considérées comme favorables »,
Dr. Sarah Holm, DMV et PhD, chercheuse principale du groupe DogRisk de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université d’Helsinki.
Selon le Dr. Anna Hielm-Björkman, DMV et enseignante, directrice du groupe DogRisk, cette recherche s’inscrit dans une démarche de « One Health », qui vise à établir des liens entre la santé humaine et animale. Elle souligne que les résultats corroborent des études humaines, parfois controversées, suggérant que les régimes riches en graisses peuvent abaisser le cholestérol et les triglycérides, tandis que les régimes riches en glucides peuvent augmenter les lipides sanguins et la glycémie à long terme, un facteur de risque connu pour le diabète de type 2 chez l’homme.
« Il s’agit d’un excellent exemple de recherche One Health. Nos résultats reflètent des études humaines similaires, et parfois controversées, suggérant que les régimes riches en graisses abaissent en fait le cholestérol et les triglycérides, tandis que les régimes riches en glucides augmentent les lipides sanguins et la glycémie à long terme, un précurseur connu du diabète de type 2 chez l’homme. »
Dr. Anna Hielm-Björkman, DMV et enseignante, directrice du groupe DogRisk.
Les chercheurs estiment que cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour l’utilisation des chiens comme modèles dans la recherche sur le métabolisme humain et souligne l’importance de l’alimentation dans la santé des espèces. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets à long terme de ces deux types de régimes alimentaires.
Pour plus d’informations sur l’étude, vous pouvez consulter l’article original publié dans La revue vétérinaire.