Publié le 2025-11-04 19:33:00. Une nouvelle étude révèle que la consommation élevée d’aliments ultra-transformés pourrait activer des gènes liés à des processus inflammatoires, suggérant un mécanisme génétique jusqu’alors méconnu expliquant leurs effets néfastes sur la santé.
- Une étude menée sur des femmes a mis en évidence des modifications génétiques corrélées à la consommation d’aliments ultra-transformés.
- Les gènes s’activent de manière significative chez les consommatrices régulières de ces produits, signalant une potentielle réponse biologique délétère.
- Cette recherche utilise une technologie de séquençage génétique de pointe (NGS) pour analyser l’expression des gènes à grande échelle.
Des chercheurs ont découvert que la quantité d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation influence directement l’activité de certains gènes. L’étude, menée par le docteur Alessandra Rodrigues et son équipe, a comparé l’expression génétique de femmes ayant des habitudes alimentaires très différentes. Selon les résultats, les femmes consommant en moyenne 45 % de leurs calories quotidiennes sous forme d’aliments ultra-transformés présentaient une activité génétique distincte de celles dont l’apport était limité à 14 %.
Pour réaliser cette analyse, les participantes ont subi un test génétique de séquençage de nouvelle génération (NGS). Cette technologie de pointe permet d’examiner l’ensemble du génome et de visualiser précisément l’expression des gènes – c’est-à-dire l’intensité avec laquelle ils sont activés ou désactivés. Les résultats ont révélé une différence frappante : 80 régions génétiques apparaissaient en rouge chez les femmes consommant beaucoup d’aliments ultra-transformés, indiquant une forte activation, tandis qu’elles étaient en bleu chez celles ayant une consommation faible, signalant une quasi-absence d’activité.
Les chercheurs soulignent que cette approche diffère des études antérieures, qui n’avaient pas réussi à identifier de liens significatifs entre l’alimentation ultra-transformée et les changements génétiques. « Peut-être d’abord parce qu’on a examiné des enfants et qui sait combien de temps ils vivent avec ce régime alimentaire, cela fait une différence », explique le Dr Alessandra. « Mais plus important encore, ils ont utilisé une technologie plus ancienne, capable de se concentrer sur quelques gènes seulement. » En d’autres termes, les recherches précédentes auraient pu se concentrer sur les mauvais gènes, manquant ainsi l’image globale de l’impact de ces aliments sur notre ADN.
« Il n’est pas possible de dire que les gènes exprimés – ceux qui crient en rouge – favorisent les maladies, même si certains d’entre eux ont déjà cette mauvaise réputation. »
Alessandra Rodrigues, docteur
Bien qu’il soit encore trop tôt pour affirmer que ces gènes activés sont directement responsables de maladies, les chercheurs estiment que cette découverte ouvre une nouvelle voie de recherche. L’étude suggère que les aliments ultra-transformés pourraient nuire à la santé non seulement en raison de leur teneur élevée en sucres, graisses et sodium, mais aussi en modifiant l’expression de notre génome et en activant des gènes potentiellement dangereux.
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