Dormir avec son animal de compagnie, un geste d’affection qui peut avoir des conséquences sur la santé, le sommeil et même la vie intime. Si l’envie de partager son lit avec son fidèle compagnon est forte, les experts mettent en garde contre les risques potentiels pour les humains comme pour les animaux.
Selon le vétérinaire Kwane Stewart, fondateur du Projet Vétérinaire de rue et fort de plus de 25 ans d’expérience, l’amour pour son animal ne doit pas occulter les considérations pratiques. « Une chose est la santé de l’animal, une autre est la santé du propriétaire », explique-t-il. Il souligne notamment que les petits chiens, les chiots et les races à dos long, comme les teckels, sont particulièrement vulnérables aux blessures en entrant ou sortant du lit.
Les risques physiques sont réels : environ 20 % des chiens souffrent d’une forme d’arthrite, et un saut malencontreux peut entraîner une hernie discale ou même une paralysie. Il est donc crucial de maintenir une routine de prévention et de contrôles vétérinaires réguliers.
Au-delà des blessures, partager son lit avec un animal augmente l’exposition aux puces, aux tiques et autres parasites, vecteurs de maladies comme la maladie de Lyme. Par ailleurs, la présence d’un animal sur le lit peut perturber la qualité du sommeil. Le spécialiste du sommeil Michael J. Breus a constaté que même si certaines personnes s’endorment facilement, le repos est moins réparateur qu’en dormant seul ou avec l’animal dans la même pièce, mais pas dans le lit.
Les personnes allergiques aux chiens ou aux chats (entre 10 % et 20 % de la population) doivent être particulièrement vigilantes. Les squames et la salive des animaux s’imprègnent de la literie et peuvent y persister pendant des mois, aggravant les symptômes d’asthme ou de sensibilité respiratoire. Dans ces cas, il est préférable de garder la chambre à coucher réservée aux humains.
Enfin, la chambre est un espace d’intimité. Les mouvements ou les sons de l’animal peuvent perturber les moments intimes et provoquer des réactions défensives ou intrusives. Pour éviter cela, Kwane Stewart conseille de distraire l’animal avec un jouet et de le rediriger vers son propre espace lorsque nécessaire.
En conclusion, si le lien affectif avec son animal peut être renforcé en dormant à ses côtés, il est important de peser les risques pour la santé, le sommeil et la vie intime. Les experts s’accordent à dire qu’il est préférable de garder son animal proche, mais pas sur le lit, afin de garantir le bien-être de tous.