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Santé

Québec tend la main aux médecins et suspend certaines parties de la loi spéciale pour tenter de reprendre les négociations

Publié le 2024-02-27 18:32:00. Le gouvernement québécois a annoncé la suspension de certaines dispositions de la loi 2 dans une tentative de relancer les négociations avec les médecins, après que ces derniers ont déclenché des contestations judiciaires et…

Québec tend la main aux médecins et suspend certaines parties de la loi spéciale pour tenter de reprendre les négociations

Publié le 2024-02-27 18:32:00. Le gouvernement québécois a annoncé la suspension de certaines dispositions de la loi 2 dans une tentative de relancer les négociations avec les médecins, après que ces derniers ont déclenché des contestations judiciaires et des actions de pression.

  • Québec suspend deux mesures clés de la loi 2 concernant la rémunération des médecins.
  • Les fédérations médicales ont déposé des demandes de sursis d’exécution et entamé des procédures judiciaires.
  • La FMOQ refuse de reprendre les pourparlers tant que la loi n’est pas entièrement suspendue.

Dans une volte-face inattendue, le gouvernement Legault a annoncé mardi la suspension de deux mesures controversées de la loi 2, un projet de loi adopté en utilisant la clause de bâillon. Cette décision intervient après une semaine de vives réactions de la part des médecins, qui dénoncent une atteinte à leur autonomie et à la qualité des soins.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, et la présidente du Conseil du Trésor, France-Élaine Duranceau, ont annoncé conjointement cette suspension, espérant ainsi créer un climat plus propice au dialogue. Le premier ministre François Legault a d’ailleurs déclaré vouloir « tendre la main » aux fédérations médicales pour discuter des détails de la loi.

La première mesure suspendue concerne la prime versée aux médecins spécialistes lorsqu’ils reçoivent un patient référé par un médecin de famille. La loi 2 prévoyait l’abolition de cette prime, les fonds devant être réaffectés. Québec maintiendra donc, pour l’instant, ce système de rémunération.

Une deuxième mesure concerne les 30 % des frais de cabinet versés aux médecins qui composent un groupe de médecine familiale (GMF). Initialement, la loi prévoyait que ces fonds soient directement versés au GMF, mais ils continueront pour l’instant à être versés aux médecins.

Ces concessions surviennent alors que les fédérations représentant les médecins généralistes, les médecins spécialistes et les étudiants en médecine ont déposé des contestations judiciaires contre la loi 2, demandant un sursis d’exécution. La Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) a d’ailleurs comparu devant les tribunaux mardi pour la première fois.

«Nous sommes très préoccupés par la réaction des médecins au cours des derniers jours»,

France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du Trésor

La CAQ avait invoqué la clause de bâillon pour adopter la loi 2, qui prévoit des amendes pouvant atteindre 500 000 $ par jour pour les groupes de médecins qui mènent une « action concertée » pour contester les politiques gouvernementales.

À l’automne dernier, les médecins de famille et les spécialistes avaient déjà manifesté leur opposition au nouveau système de rémunération, notamment en refusant d’enseigner aux étudiants en médecine.

La loi 2 prévoit notamment que la rémunération des médecins sera désormais liée à des objectifs de performance, tels que le nombre de patients, en particulier les plus vulnérables, qu’ils prennent en charge.

Cependant, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a réagi froidement à l’annonce de la suspension partielle de la loi. Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, elle a affirmé qu’elle ne reprendrait pas les négociations tant que la loi 2 ne serait pas entièrement suspendue.

«Le gouvernement ne comprend pas la véritable colère des médecins de famille en ce moment, à la veille de son webinaire « explicatif » avec eux et dont la FMOQ a été exclue»

Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ)

La FMOQ s’oppose notamment à la création d’indicateurs de performance quantifiables, qu’elle juge susceptibles d’inciter les médecins à pratiquer une médecine de « restauration rapide ». Elle dénonce également le système gouvernemental d’évaluation de la vulnérabilité des patients et le manque de ressources humaines, qui, selon elle, rendent impossible un retour à la table de négociation.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.