Publié le 5 novembre 2025 à 15h20. Des chercheurs ont découvert un moyen surprenant de distinguer les dinosaures mâles des femelles : l’analyse de fractures sur les os de leur queue, ouvrant une nouvelle fenêtre sur leur comportement sexuel.
- Une étude publiée dans la revue iScience révèle que des fractures cicatrisées sur le coccyx des hadrosaures pourraient indiquer le sexe des individus.
- L’équipe de recherche, dirigée par le professeur Eileen Murphy de l’Université Queen’s de Belfast, a analysé près de 500 coccyx de dinosaures herbivores.
- Des simulations informatiques suggèrent que ces fractures sont causées par la pression exercée lors de l’accouplement.
Depuis longtemps, déterminer le sexe des dinosaures fossilisés représente un défi majeur pour les paléontologues. L’absence d’organes reproducteurs conservés rendait cette tâche presque impossible. Une nouvelle étude, publiée dans la revue iScience, apporte une solution inattendue : l’examen des fractures sur les os de la queue des hadrosaures, un type de dinosaure herbivore à bec de canard ayant vécu en Eurasie et en Amérique du Nord.
L’équipe du professeur Eileen Murphy de l’Université Queen’s de Belfast a minutieusement étudié près de 500 coccyx de ces dinosaures. Les résultats ont révélé un schéma récurrent de fractures dans la partie supérieure de la queue, et de manière significative, la plupart de ces os présentaient des signes de guérison, indiquant que les blessures n’étaient pas mortelles.
Initialement, les chercheurs ont envisagé diverses causes possibles, telles qu’une attaque de prédateur ou un combat entre individus. Cependant, l’absence de marques de morsure ou de blessures typiques des combats a rapidement écarté ces hypothèses. C’est en utilisant des modèles informatiques pour simuler différentes interactions que l’équipe a abouti à la conclusion la plus plausible : l’activité d’accouplement.
Les simulations ont démontré que lorsque le mâle monte la femelle sur le côté, une forte pression est exercée au niveau du cloaque – l’orifice commun pour les systèmes reproducteur et excréteur. Cette pression intense est susceptible de provoquer des fissures ou des fractures des vertèbres supérieures de la queue de la femelle.
Filippo Bertozzo, auteur principal de l’étude, souligne l’importance de cette découverte :
« Il s’agit d’une première porte d’entrée pour comprendre le comportement sexuel des dinosaures. Jusqu’à présent, nous ne pouvions que spéculer sur leur comportement sexuel en nous basant sur la forme de leurs squelettes, sans preuve directe pour étayer nos hypothèses. »
Filippo Bertozzo, auteur principal de l’étude
Si cette hypothèse s’avère correcte, les individus présentant de telles blessures pourraient être identifiés comme des femelles, ce qui modifierait considérablement notre compréhension des dinosaures. Cette capacité à distinguer les sexes ouvre de nouvelles perspectives pour les paléontologues.
Selon Bertozzo, cette avancée pourrait aider à répondre à des questions restées sans réponse, comme la différenciation des crêtes sur la tête des dinosaures entre les mâles et les femelles, ou encore à déterminer si certains spécimens initialement considérés comme de nouvelles espèces étaient en réalité simplement des individus de sexes différents.
Source : IFLScience.