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Un médecin révèle l’impact des polluants atmosphériques sur les nouveau-nés : « Les bébés passent plus de temps à la crèche et ont besoin d’une aide respiratoire » | Actualités santé et bien-être

Publié le 2024-02-29 14:35:00. La pollution atmosphérique, omniprésente dans des villes comme Delhi, a des conséquences de plus en plus alarmantes sur la santé des nouveau-nés, allant de problèmes respiratoires immédiats à des risques accrus de maladies chroniques…

Un médecin révèle l’impact des polluants atmosphériques sur les nouveau-nés : « Les bébés passent plus de temps à la crèche et ont besoin d’une aide respiratoire » | Actualités santé et bien-être

Publié le 2024-02-29 14:35:00. La pollution atmosphérique, omniprésente dans des villes comme Delhi, a des conséquences de plus en plus alarmantes sur la santé des nouveau-nés, allant de problèmes respiratoires immédiats à des risques accrus de maladies chroniques à long terme.

  • De plus en plus de bébés naissent avec des difficultés respiratoires nécessitant une surveillance prolongée en néonatologie.
  • La pollution peut traverser le placenta et affecter le développement du fœtus, entraînant des complications graves telles que des fausses couches, des naissances prématurées et des malformations congénitales.
  • Les femmes enceintes sont de plus en plus nombreuses à privilégier le télétravail ou à retourner dans leur région d’origine pour échapper à la pollution durant leur grossesse.

Le Dr Anjana Singh, directrice et chef du service d’obstétrique et de gynécologie à Fortis, Noida, observe un changement préoccupant dans son service de pédiatrie. Elle constate que les nouveau-nés nécessitent désormais une période d’observation plus longue en crèche avant de pouvoir rentrer chez eux.

« De nos jours, chaque nouveau-né passe plus de temps à la crèche avant de pouvoir en sortir car il naît avec des problèmes respiratoires et sa fonction pulmonaire doit être stabilisée. Certains d’entre eux ont un retard de développement pulmonaire et un asthme congénital plus tard. De plus en plus de bébés naissent avec une jaunisse. »

Dr Anjana Singh, directrice et chef du service d’obstétrique et de gynécologie à Fortis, Noida

La pollution, sous toutes ses formes – particules fines, pesticides, gaz, fumées, eau contaminée par des métaux lourds – représente une menace inédite pour les nourrissons. Le Dr Singh souligne l’importance d’une vigilance accrue pendant les 1 000 premiers jours de la vie, de la conception jusqu’à l’âge de deux ans et demi, pour minimiser l’exposition aux polluants.

Cette prise de conscience pousse un nombre croissant de femmes enceintes à adapter leur mode de vie. Certaines optent pour le télétravail, tandis que d’autres choisissent de retourner dans leur ville natale, réputée pour sa meilleure qualité de l’air, afin d’y passer la fin de leur grossesse avant de revenir à Delhi pour l’accouchement.

L’impact de la pollution sur le développement fœtal est profond, même si tous ses mécanismes ne sont pas encore entièrement compris. Le Dr Singh alerte sur l’augmentation des cas de fausses couches, de naissances prématurées, de mortinaissances, de malformations congénitales, de cardiopathies congénitales et d’anomalies du tube neural (affectant le développement du cerveau et de la colonne vertébrale).

Les particules toxiques peuvent franchir la barrière placentaire, via le cordon ombilical, et perturber le développement du bébé. Ce processus commence par une inflammation du placenta, qui entrave la circulation sanguine et réduit l’apport d’oxygène et de nutriments au fœtus.

L’exposition à la pollution perturbe également l’apport nutritionnel au fœtus, entraînant un faible poids à la naissance. Des études établissent un lien entre l’exposition maternelle à la pollution de l’air et un risque accru de mortinatalité, en particulier au cours du troisième trimestre de grossesse. Les niveaux élevés de particules fines (PM2,5) sont associés à un risque accru d’insuffisance pondérale à la naissance et d’accouchement prématuré, avec des complications potentielles à long terme.

Des polluants spécifiques, tels que le dioxyde d’azote et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP, libérés lors de la combustion incomplète de combustibles), peuvent affecter le développement des organes, conduisant à des maladies cardiaques congénitales, des anomalies du tube neural ou des fentes palatines. Certaines recherches suggèrent même un lien entre l’exposition à la pollution atmosphérique pendant la grossesse et un risque plus élevé de troubles du spectre autistique chez l’enfant.

La pollution de l’air peut également déclencher une hypertension artérielle chez la mère, augmentant le risque de prééclampsie, une complication potentiellement dangereuse pour le fœtus. De plus, la présence de microplastiques dans l’air, provenant de sources telles que les vêtements synthétiques et les pneus de voiture, constitue une nouvelle source d’inquiétude. Ces microplastiques, agissant comme des perturbateurs endocriniens, peuvent interférer avec les hormones et entraîner des problèmes de développement. Des microplastiques ont été détectés dans le placenta, le cordon ombilical et le sang du cordon ombilical, confirmant leur capacité à passer de la mère au fœtus et à perturber le développement des organes et du système nerveux central.

Les conséquences à long terme d’une exposition à la pollution pendant la grossesse peuvent inclure un risque accru de mortalité infantile, de retards de développement et de maladies chroniques telles que le diabète et les maladies cardiaques. Des études suggèrent que les polluants peuvent provoquer des modifications de la séquence d’ADN et des aberrations chromosomiques, augmentant la vulnérabilité à certaines maladies. L’exposition à la pollution atmosphérique pendant la grossesse est également associée à un risque plus élevé de développement de problèmes respiratoires tels que la respiration sifflante et l’asthme chez le nouveau-né.

Pour se protéger pendant la grossesse, les femmes enceintes sont conseillées de porter des masques N95 lorsqu’elles sortent, de rester à l’intérieur autant que possible, d’utiliser des purificateurs d’air et de privilégier l’exercice physique en intérieur.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.