Publié le 2025-11-06 10:30:00. Une nouvelle étude révèle que l’efficacité de la thérapie par pression positive continue (PPC) pour prévenir les problèmes cardiovasculaires chez les patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil (AOS) dépend de la gravité de cette dernière. Les bénéfices de la PPC seraient significativement réduits, voire inexistants, chez les patients présentant une AOS peu sévère.
- La PPC n’offre une protection significative contre les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et la mort subite d’origine cardiaque que chez les patients atteints d’une AOS sévère.
- La gravité de l’AOS peut être évaluée en surveillant l’augmentation de la fréquence cardiaque lors des pauses respiratoires et le niveau de désaturation en oxygène.
- Chez les patients à faible risque d’AOS, la PPC pourrait même augmenter le risque d’événements cardiovasculaires et cérébrovasculaires majeurs.
Des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital et de la Harvard Medical School à Boston ont analysé les données combinées de trois essais cliniques de grande envergure – RICCADSA, ISAAC et SAVE – portant sur l’utilisation de la PPC chez des patients atteints de maladies coronariennes, de syndromes coronariens aigus ou de maladies cérébrovasculaires, et souffrant également d’apnée obstructive du sommeil. Ces études initiales n’avaient pas démontré d’effet protecteur global de la PPC contre les événements cardiovasculaires ou cérébrovasculaires majeurs, tels que les infarctus du myocarde ou les accidents vasculaires cérébraux.
L’équipe de recherche, dirigée par le professeur Ali Azarbarzin, a ensuite cherché à déterminer si l’efficacité de la PPC pouvait varier en fonction de la sévérité de l’AOS. Ils ont défini une AOS à haut risque par une augmentation excessive de la fréquence cardiaque (supérieure à 9,4 battements par minute) après une pause respiratoire, ou par un niveau élevé de désaturation en oxygène (supérieur à 87,1 % par minute).
Sur les 3 549 participants à l’étude, 1 778 ont reçu une PPC et 1 771 n’en ont pas reçu. Les événements cardiovasculaires et cérébrovasculaires majeurs sont survenus chez 16,6 % des patients traités par PPC et 16,3 % de ceux qui n’en ont pas reçu. Cependant, une analyse plus approfondie a révélé un effet plus marqué de la PPC chez les 1 832 patients présentant une AOS à haut risque (rapport de risque d’interaction de 0,69). Les patients atteints d’AOS à haut risque, mais ne souffrant pas de somnolence diurne excessive ou d’hypertension artérielle (inférieure à 140/90 mmHg), ont particulièrement bénéficié de la thérapie par masque.
À l’inverse, les chercheurs ont constaté que, chez les 1 717 patients à faible risque d’AOS ne présentant pas de somnolence diurne excessive et/ou d’hypertension artérielle, le groupe traité par PPC présentait un risque accru de 35 % d’événements cardiovasculaires et cérébrovasculaires graves.
Au vu de ces résultats, les auteurs recommandent d’évaluer précisément la gravité de l’AOS, en mesurant l’accélération du pouls et le stress lié à l’hypoxémie, avant de prescrire une PPC aux patients ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires. Ils soulignent que, chez les patients à faible risque d’AOS ne souffrant pas de somnolence diurne excessive ou d’hypertension artérielle, la PPC pourrait s’avérer plus nuisible que bénéfique. Des études prospectives supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations.
Source: Azarbarzin A et al. Eur Heart J 2025; doi: 10.1093/eurheartj/ehaf447
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