Publié le 2 novembre 2023 16:35. Les négociations collectives pour les quelque 430 000 salariés et 20 000 apprentis du secteur du commerce sont d’ores et déjà bloquées, en raison d’écarts importants entre les revendications syndicales et la vision pessimiste des employeurs face à la conjoncture économique.
- Le syndicat GPA réclame une augmentation de salaire supérieure à l’inflation, qui a atteint 3 % sur les douze derniers mois.
- La Chambre de commerce autrichienne (WKÖ) anticipe une crise durable dans le commerce, de quatre à cinq ans.
- Une deuxième session de négociations est prévue le 13 novembre.
Les discussions, entamées jeudi après-midi, n’ont pas permis de trouver un terrain d’entente entre les partenaires sociaux. Le syndicat GPA (Gewerkschaft Pro Arbeit) exige une revalorisation salariale qui dépasse le taux d’inflation de 3 % enregistré l’année dernière. Mario Ferrari, directeur général fédéral de GPA, a toutefois noté une « légère reprise des échanges ». Du côté patronal, Rainer Trefelik, président du commerce de la WKÖ, insiste sur la gravité de la situation économique, prévoyant une « crise permanente » pour le secteur.
Cette divergence d’analyse est au cœur du blocage actuel. Les représentants des deux camps ne s’attendent pas à une conclusion rapide de la convention collective (KV). « Il s’agit de trouver une solution dans des moments difficiles », a déclaré M. Trefelik. Le syndicat, fidèle à sa ligne, rejette les primes ponctuelles, privilégiant une augmentation durable des salaires pour stimuler la consommation intérieure, comme l’a souligné M. Ferrari :
« Nous visons une bonne augmentation des salaires afin de stimuler la consommation intérieure. »
Mario Ferrari, directeur général fédéral de GPA
La situation est d’autant plus complexe que la convention collective, initialement prévue pour deux ans, doit être réévaluée en raison de l’inflation. Les partenaires sociaux avaient convenu que si l’inflation dépassait les 3 % entre octobre 2024 et septembre 2025, les augmentations prévues pour 2026 seraient renégociées. Après des accords KV pour 2024 et 2025 tenant compte d’une inflation glissante de 3,8 % (pour une augmentation de 3,3 %), le syndicat réclame désormais une « contribution à la sécurisation du pouvoir d’achat » pour 2026.
Au-delà des salaires, le syndicat GPA revendique également des améliorations en matière de conditions de travail. Parmi ses demandes figurent une revalorisation de la durée du travail en cas d’heures supplémentaires régulières, avec une majoration de 50 % dès la première heure supplémentaire, ainsi que l’attribution de jours de congés supplémentaires en fonction de l’ancienneté : un jour ouvrable après cinq ans de service, deux jours après dix ans et trois jours après quinze ans. M. Trefelik s’est déclaré ouvert à la discussion sur ces aspects réglementaires, mais a précisé que le pourcentage d’augmentation salariale restera « au centre des négociations ».
(Source : APA)
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