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Des chercheurs développent un composé chimique potentiel contre la maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 7 novembre 2025. Des chercheurs brésiliens ont mis au point un nouveau composé chimique prometteur pour lutter contre la maladie d’Alzheimer, offrant une approche potentiellement plus abordable et accessible que les traitements actuels.

  • Une équipe de l’Université fédérale ABC (UFABC) a développé un composé capable de dégrader les plaques amyloïdes, l’une des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
  • Des tests sur des rats ont montré une amélioration de la mémoire, de l’orientation spatiale et de l’apprentissage grâce à ce composé.
  • Les chercheurs sont désormais à la recherche de partenaires pharmaceutiques pour lancer des essais cliniques sur des humains.

Une équipe de chercheurs de l’Université fédérale ABC (UFABC) a franchi une étape importante dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer en développant un nouveau composé chimique aux propriétés prometteuses. Cette découverte, fruit de simulations informatiques (in silico), de tests en laboratoire (in vitro) et d’expérimentations animales (in vivo), pourrait ouvrir la voie à des traitements plus efficaces et moins coûteux pour cette maladie neurodégénérative qui touche des millions de personnes dans le monde.

Le composé, développé avec le soutien de la Fondation de recherche de l’État de São Paulo (FAPESP), agit en ciblant les plaques bêta-amyloïdes qui s’accumulent dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer. Ces plaques, composées de fragments de peptides amyloïdes, perturbent la communication entre les neurones et provoquent une inflammation, contribuant ainsi à la détérioration cognitive.

L’étude, publiée dans la revue ACS Chemical Neuroscience, révèle que le composé agit comme un chélateur du cuivre. Il se lie à l’élément métallique présent en excès dans les plaques amyloïdes, favorisant ainsi leur dégradation et réduisant les symptômes de la maladie. Les tests menés sur des rats ont démontré une réduction de la perte de mémoire, une amélioration de la conscience spatiale et des capacités d’apprentissage, ainsi qu’une inversion des changements biochimiques associés aux plaques amyloïdes.

Selon Giselle Cerchiaro, professeure au Centre des sciences naturelles et humaines de l’UFABC et coordinatrice de l’étude, l’importance de cette approche réside dans sa simplicité et son potentiel de coût réduit.

« Le composé que nous avons développé a un coût très faible par rapport aux médicaments disponibles. Par conséquent, même s’il ne fonctionne que pour une partie de la population, étant donné que la maladie d’Alzheimer a une cause multifactorielle, il représenterait un immense progrès par rapport aux options actuelles. »

Giselle Cerchiaro, professeure à l’UFABC

Les recherches s’appuient sur des études internationales antérieures qui ont mis en évidence le rôle des ions cuivre dans l’agrégation des plaques amyloïdes. Des mutations génétiques et des modifications des enzymes impliquées dans le transport du cuivre pourraient entraîner une accumulation de cet élément dans le cerveau, favorisant ainsi la formation de ces plaques. La régulation de l’homéostasie du cuivre est donc devenue un axe majeur de la recherche sur la maladie d’Alzheimer.

L’équipe de l’UFABC a synthétisé une série de molécules capables de franchir la barrière hémato-encéphalique – une protection naturelle du cerveau – et d’éliminer le cuivre des plaques amyloïdes. Parmi les dix molécules développées, trois ont été sélectionnées pour des tests sur des rats atteints d’Alzheimer induite, et l’une d’entre elles s’est distinguée par son efficacité et sa sécurité.

Ces travaux ont été menés dans le cadre d’une thèse de doctorat par Mariana Camargo, avec le soutien d’une bourse de la FAPESP, ainsi que d’une maîtrise par Giovana Bertazzo et d’une initiation scientifique par Augusto Farias. Le projet a également bénéficié de la collaboration du groupe de recherche dirigé par Kléber Thiago de Oliveira, professeur à l’Université fédérale de São Carlos (UFSCar), qui a contribué à la synthèse de l’un des composés étudiés.

Les tests sur des rats ont révélé que le composé réduit la neuroinflammation, le stress oxydatif et rétablit l’équilibre du cuivre dans l’hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire. Les animaux traités avec la substance ont également montré une meilleure orientation spatiale.

Outre les résultats comportementaux, les tests ont confirmé que le composé n’était pas toxique pour les cellules hippocampiques en culture ni pour les animaux, dont les signes vitaux ont été surveillés tout au long de l’expérience. Des simulations informatiques ont également validé sa capacité à traverser la barrière hémato-encéphalique et à agir directement sur les zones affectées.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative complexe et multifactorielle pour laquelle il n’existe actuellement aucun remède ni cause clairement établie. Malgré sa prévalence croissante – on estime à 50 millions le nombre de personnes atteintes dans le monde – les options thérapeutiques restent limitées, se concentrant principalement sur le soulagement des symptômes ou sur des traitements complexes tels que les anticorps monoclonaux.

L’étude de l’UFABC a donné lieu à un dépôt de brevet et les chercheurs sont désormais activement à la recherche de partenariats avec des entreprises pharmaceutiques pour lancer des essais cliniques sur des humains. “C’est une molécule extrêmement simple, sûre et efficace”, conclut Cerchiaro.

Pour en savoir plus, consultez l’article De nouveaux chélateurs du cuivre améliorent la mémoire spatiale et les résultats biochimiques dans le modèle de la maladie d’Alzheimer : pubs.acs.org/doi/10.1021/acschemneuro.5c00291.

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