Malgré l’explosion du nombre de participants aux marathons aux États-Unis, le risque de décès par arrêt cardiaque pendant une course a été divisé par deux au cours de la dernière décennie. Une étude récente confirme une amélioration significative des chances de survie en cas d’incident cardiaque sur les parcours.
Les résultats, publiés dans la revue JAMA, montrent que si le nombre d’arrêts cardiaques survenant lors de marathons et semi-marathons est resté stable, le taux de mortalité associé a chuté de près de 50 % entre 2010 et 2023. On passe de 0,39 décès pour 100 000 participants à 0,19 décès pour 100 000.
« Nous continuons à entendre parler de cas malheureux d’arrêts cardiaques lors de courses de fond, mais il était important de savoir si la fréquence de ces événements avait évolué, et surtout, si les facteurs de risque et les chances de survie avaient changé », explique le professeur Jonathan Kim, de l’Emory School of Medicine, auteur principal de l’étude. « C’est une question cruciale, car la course à pied récréative ne cesse de gagner en popularité. »
L’étude a analysé les données de plus de 29 millions de coureurs ayant participé à des marathons aux États-Unis entre 2010 et 2023 – un triplement du nombre de participants par rapport à la décennie précédente. L’absence de registre centralisé des incidents cardiaques a nécessité une collecte d’informations méticuleuse auprès des organisateurs de courses et par le biais d’une analyse approfondie des rapports médiatiques.
L’équipe de recherche a également identifié et contacté les survivants d’arrêts cardiaques, ou leurs familles, afin de recueillir des informations détaillées sur les circonstances de l’incident et les soins prodigués. « La grande majorité des cas ont pu être identifiés grâce aux moteurs de recherche publics », précise le professeur Kim.
L’analyse a révélé que les arrêts cardiaques restent plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, et plus souvent observés lors des marathons que des semi-marathons. Cependant, la principale explication de la baisse de la mortalité réside dans l’amélioration de la prise en charge médicale sur les parcours.
« Nous avons constaté que toutes les personnes ayant survécu à un arrêt cardiaque avaient bénéficié d’une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) et, dans la grande majorité des cas, avaient eu accès immédiat à un défibrillateur automatisé externe (DAE) », souligne le professeur Kim. « C’est vraiment ce qui fait la différence. »
Ce taux de survie est comparable à celui observé dans d’autres lieux publics équipés de DAE, tels que les aéroports et les casinos. Le professeur Kim insiste sur l’importance de rendre la formation à la RCP plus accessible aux participants aux courses et de déployer stratégiquement des DAE le long des parcours.
« Il s’agit le plus souvent d’événements potentiellement évitables », ajoute-t-il. « Identifier les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées présentant des facteurs de risque cardiovasculaires non diagnostiqués, ne signifie pas les empêcher de courir, mais plutôt leur offrir la possibilité d’améliorer leur suivi médical et de réduire ainsi le risque d’arrêt cardiaque. » Le professeur Kim estime que la recherche dans ce domaine est essentielle, car la fréquence des arrêts cardiaques soudains lors de courses de longue distance n’a pas significativement évolué depuis plus de 20 ans.
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